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29/08/06

Quel budget pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer?

Le budget de la recherche est distribué à travers plusieurs sources, publiques ou privées, et plusieurs organismes.

Pour le Public, essentiellement:
L'Inserm
Le CNRS
L'Université
L'hôpital.

Il y a également d'autres institutions qui ont un statut mixte, et qui peuvent travailler dans le domaine de la recherche en Neurosciences, comme l'Ecole Normale Supérieure, le Collège de France, le CEA, etc. Ces organismes font fonctionner leur recherche en répondant aux appels d'offres du CNRS, Inserm, etc.

Suite à la restructuration de la recherche, le budget est redistribué via un organisme centralisateur, l'ANR: Agence Nationale de la Recherche.

Il faut savoir qu'il n'y a aucun chiffre précis du budget de la recherche en France. Le BCRD (budget civil de la recherche et du développement) consacre la plus grosse partie de son budget pour la recherche dans le domaine spatial ou dans le nucléaire. A noter que le budget total du BCRD n'est pas en adéquation avec la somme des budgets des différents postes (Inserm. CNRS+CEA+INRA+ CNES+etc). Il y a des trous énormes, mais apparemment cela ne gène personne.

Il y a également la recherche privée: Sanofi/Aventis, et très modestement Servier, et peut être quelques boîtes de biotech. Par exemple, Trophos à Marseille travaillait sur cette thématique, mais vient d'abandonner, faute de financement venant des investisseurs. Genfit semble vouloir investir dans ce domaine.

Combien pour la recherche anti-Alzheimer dans le domaine public ?:


Nous argumenterons sur l'exemple des deux sources les plus logiques pour financer ce type de recherche: l'Inserm et l'ANR.

Notre exemple ira logiquement au financement de la recherche la plus attendue du grand public: celui du médicament anti-Alzheimer. En France, deux groupes de laboratoires sont plus ou moins connus dans ce domaine:
- Le laboratoire de Jean-Louis Kraus à Marseille, qui travaillait avec Trophos, et qui a une collaboration avec le laboratoire de Frédéric Checler à Sophia-Antipolis.
- L'Unité Inserm 815, Lille (A. Delacourte) qui travaille avec le laboratoire de Pharmacochimie de l'Université de Lille II (P. Melnyk), qui travaillent sur une nouvelle famille d'an-Alzheimer (brevetée, mais non publiée).

Ces laboratoires vivent en recevant leur dotation annuelle (salaires + fonctionnement de base). Par exemple, l'Unité Inserm 815 a maintenant un budget groupé avec 4 autres unités pour faire un Centre Inserm. Le budget du centre en 2006 est de 753000 Euros pour 150 personnes, soit 5000 Euros de fonctionnement par chercheur et par an. Les salaires (bien modestes, c'est bien connu) représentent 70 à 80 % du budget total. Bien peu de gens peuvent contester cette prise de position: en France, les chercheurs gagnent peu, et l'utilisation de ces salaires est médiocre car les moyens donnés pour faire de la recherche sont modestes, dans le cadre logique d'une compétition internationale ( le marché d'un médicament anti-Alzheimer curatif est de 10 à 50 milliards d'Euros par an, mais la mise au point d'un médicament, de la conception à l'essai thérapeutique de phase III est probablement de 500 millions d'Euros).

 

Combien l'ANR a financé de projets spécifiques "Médicaments": ZERO. Il s'agit tout simplement d'une politique de renoncement, qui ne peut entraîner la recherche médicale que vers le déclin.


A noter que l'Unité Iserm 815 avait demandé deux financements: un pour les molécules agissant sur APP /Abêta (A. Delacourte) et un sur les molécules agissant sur tau (Luc Buée). Les deux projets ont été jetés purement et simplement. Le projet des molécules anti-Alzheimer avait été présenté suite à une pré-sélection de Inserm-Transfert qui avait classé ce projet en premiere position.
Combien de financement de projet sur la recherche fondamentale Alzheimer ?: A ma connaissance, trois ou quatre, pas plus. Le budget alloué n'est pas connu, mais on peut imaginer qu'il ne va pas loin.


 

26/10/04

Encore un rapport ministériel, qui décrit, une fois de plus, le déclin de la recherche française

Budget 2005

Selon François Daubert, appuyé par les mathématiciens du Gouvernement, l'augmentation du budget 2005 sera très significative, de plus de 7% !, comblant largement le déficit des années 2002-2004.

2000

2001

différentiel

2002

différentiel

2003

différentiel

2004

différentiel

2005

différentiel

INSERM

 411,3

 430,1

+ 4,6%

 445,6

+3,6%

437,5

-1,8%

442,3

+1,1%

475,2

+7,4%

BCRD

6138,8

6157,2

+0,3%

6208,5

+0,9%

6130,6

-1,3%

6236,6

+1,7%

6535

+4,7%

Chiffres en millions d'Euros. Le différentiel entre chaque année est indiqué en pourcentage. Il s'agit des crédits de paiement.

BCRD: Budget civil de la recherche et du développement (60% vers l'aérospatial CNES)

QUESTION: Les médicaments du futur seront -ils américains ou français'

Budget USA: calcul corrigé en fonction du nombre d'habitant: multiplier le budget par chercheur par 6, et pour le différentiel entre chaque année, indiquer 15% en +

REPONSE: Voir ces chiffres et vous faire votre propre opinion


Budget 2004: un pas de plus vers le tiers-mondisme!

Français, vous aurez été prévenus (pas assez certes!), lire le document ci-dessous:

SAUVONS LA RECHERCHE

Un document officiel qui en dit long: BCRD2004



Budget Inserm 2003

Budget 2003, INSERM 2003: c'est la CATA. C'est vraiment grave!!!!!!!

Budget 2004: ce ne sera pas mieux!


Les chercheurs piquent leur crise
http://www.humanite.presse.fr/journal/2003-10-15/2003-10-15-380665
Fuite à l'étranger, faute de mieux
http://www.humanite.presse.fr/journal/2003-10-15/2003-10-15-380649
Économies
http://www.humanite.presse.fr/journal/2003-10-15/2003-10-15-380682
Un changement qualitatif de la recherche
http://www.humanite.presse.fr/journal/2003-10-15/2003-10-15-380638

Le Monde (édition du 1er octobre):
Les annulations de crédits visent surtout le logement, l'économie et les transports
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3224--336195-,00.html


Libération (édition du 2 octobre):
Budget : qui paiera pour l'armée '
http://www.liberation.fr/page.php'Article=146474

Vous trouverez sur le site du ministère de la recherche le dossier de presse qui accompagnait la Conférence de presse du 25/09/2003, y compris les diapositives présentées:
http://www.recherche.gouv.fr/budget/2004/index.htm


Ces documents donnent quelques informations chiffrées, et nous semblent donc être importants.
Vous lirez avec intérêt les articles suivants parus dans la presse nationale:


Le Monde (édition du 27 septembre)
550 postes permanents supprimés dans la recherche
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--335730-,00.html

 

Vous lirez avec intérêt cet article paru dans l'édition du 23 septembre du Monde:
Recherche : 150 millions d'euros provenant des privatisations pour les actions prioritaires
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3224--334966-,00.html

 


http://recherche-en-danger.apinc.org/
Safir
Grève Mardi 5 Mai: les raisons (1)
 
Grève Mardi 5 Mai: les raisons (2)
 

Stagnation, puis diminution du budget français, alors qu'il y a une augmentation de 15 % du budget public de recherche (NIH) aux USA depuis 3 ans et en Angleterre
http://recherche-en-danger.apinc.org/article.php3'id_article=40
DIMINUTION DES MOYENS A TOUS LES NIVEAUX:
Grosso modo, nous avons perdu 50% des moyens donnés par l'Inserm en deux ans:
  • diminution de la création de postes de chercheurs
  • passage aux 35 heures (mais sans recrutement de techniciens) donc perte de productivité d'au moins 15% de l'aide technique institutionalisée
  • blocage décidé fin Mars de 30% du budget (manière progressive et diplomatique de nous annoncer qu'ils seront supprimés): choc psychoogique énorme
  • impossibilité de commander depuis fin novembre avec le logiciel SAFIR. Octobre 2003: Les ADR n'ont pas encore absorbé le choc
  • disparition mystérieuse des versements des contrats extérieurs aux unités et aux IFR, effectués fin 2002, dans la période de tourmente de SAFIR
  • Fin Mars: premiers refus des fournisseurs de livrer nos produits, car ils ne sont plus payés.
  • Appels d'offres dans l'absence de transparence la plus totale (diminution effective du budget des Unités Inserm de 5 à 20 % en fonction de critères obscurs; attribution des primes Interface de la première fournée dans un contexte qui manque totalement de transparence.
  • Non-respect des décisions de financements des appels d'offres officiels (sur bulletin officiel) (voir l'appel d'offre "Interface", Projet Avenir, ATC "Vieillissement non financée, etc)
  • Non-respect de l'avis des Commissions et du Conseil Scientifique
  • Administration et structures administratives tatillonnes et contre-productrices (SAFIRisation des structures et du personnel; factures impayées; gestion des CDD complètement contre-productrice; erreurs monumentales de Safir ; bilans financiers inexacts, délivrés uniquement si on menace)
  • Travail de l'ADR qui est confié de plus en plus aux Unités de Recherche: gestion des déplacements gérés maintenant par les Unités


Tout est fait pour casser non seulement le moral des chercheurs, mais aussi leur outil de travail.

Le plus grave: mensonges au plus haut niveau: On peut dire aux Français que notre économie est en crise, et qu'il faut sacrifier la recherche. C'est un choix politique parce que la France est asphyxiée, et qu'elle doit gérer son déficit et sa récession, ou en message subliminal on peut lire qu'il faut porter les sacrifices sur les secteurs qui ne feront pas grève (recherche, personnes âgées, ..) (sur ce qui aménera à payer l'ardoise bien plus cher plus tard).

Mais, dire que l'on doit nous retirer de l'argent parce que les chercheurs n'ont pas dépensé tout ce qu'on leur avait donné (Le Premier Ministre à Antenne 2), ou dire que nous avons toujours le même budget (Le Ministre de la Recherche à différentes occasions) relève de prétextes peu courageux et inexacts. Aucun exemple précis (et donc vérifiable) n'a été donné.

 

Le plus inquiétant est que les Français sont totalement indifférent à ce problème. Les chercheurs n'ont pas la côte. Dans l'image populaire, ce sont des planqués qui bullent. En fait, ce sont des bacs+7 à +10 qui ont fait un stage de plusieurs années à l'étranger, ont été sélectionnés sur concours dans un rapport 1 retenu/10, avec un salaire de misère, qui sont en compétition avec les équipes internationales mais sans avoir leurs moyens, et qui doivent rendre des comptes sans arrêt. Qui le sait'.

C'est vrai qu'il y a encore du ménage à faire, hélas impossible car un Directeur d'Unité qui dénonce une personne qui ne travaille pas assez a tout de suite le syndicat sur le dos, qui lui rendra la vie impossible. Le Directeur d'Unité gère l'Unité en plus de son travail, sans indemnité pour ce travail supplémentaire.

 

En France, disait-on, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.

Que va devenir la France si on ne peut plus développer nos idées'


Messieurs les Indifférents, sans recherche compétitive, vous ou vos enfants serez les serviteurs obligés des pays à économie forte. Il sera alors trop tard pour gémir, et vous aurez récolté ce que vous avez semé: le déclin à tous niveaux.


N-Réf : CB/JGG n° 616

Paris, le 25 mars 2003


A l'attention de l'ensemble des personnels travaillant dans les structures Inserm



Chers (es) collègues, chers (es) amis (es),


Nous sommes dans une situation difficile où nous cumulons des problèmes conjoncturels, et avant tout bien sûr les difficultés de déploiement du système SAFIR, et des réductions budgétaires.

Les ADR ont reçu instruction de procéder, à titre conservatoire, au blocage de 30% des dotations. Vous recevrez très prochainement des informations précises sur l'ampleur de ces réductions et surtout les retombées exactes à prévoir pour le budget des équipes et unités.

Je voulais simplement dans ce message vous dire à quel point la direction fait le maximum pour limiter l'impact de ces problèmes budgétaires sur le fonctionnement de nos formations de recherche. Je voudrais également souligner que nous sommes parfaitement conscients des difficultés matérielles vraiment très importantes que vous rencontrez depuis le début de l'année et des contraintes imposées à l'ensemble des personnels. Dans ce contexte difficile, je souhaite saluer les efforts de tous pour maintenir une recherche et une activité de haut niveau.

Je vous prie de croire, chers (es) collègues et chers (es) amis (es), à l'expression de mes salutations cordiales.



Christian Bréchot, Directeur Général de l'Inserm


Errare humanum est, perseverare diabolicum
ou
Safir, ça suffit !

Jusqu'à quand allons nous perdre notre temps, quand va-t-on enfin nous laisser faire notre métier, faire de la recherche ' A l'heure où le Ministère de la Recherche considère que « notre système de recherche n'est pas au meilleur niveau de performance », et que « le retour sur investissements est insuffisant », après nous avoir pendant plusieurs années bloqué avec une politique d'achats publics inapplicable à la recherche, au moment où les choses commençaient à aller un peu mieux, on nous interdit totalement à l'Inserm, avec Safir, l'utilisation de nos crédits, la passation de nos commandes. 

Soit nous ne pouvons pas du tout commander les produits et matériels indispensables, soit nous passons 45 minutes à une heure pour chaque commande avant de la voir souvent se bloquer sans remèdes, de parfois pouvoir la valider, sans avoir aucune assurance qu'elle ne va pas ensuite rester coincée à l'AD, et sans en être jamais informés'

Depuis fin novembre 2002, les commandes Inserm sont suspendues, elles n'ont au mieux repris en 2003 que très partiellement et progressivement, et au prix d'un gaspillage des énergies absolument colossal. Voilà donc bientôt 4 mois que cette situation s'éternise. Au moment où on parle de l'amputation de 30% de nos crédits, on pourrait croire que l'administration bloque volontairement nos commandes, pensant qu'ainsi nous parviendrons mieux à finir l'année !

Lors de la réunion annuelle des Directeurs d'Unité, le Secrétaire Général de l'Inserm a eu l'impudence de dire que nous en étions là avec Safir parce que rien n'avait jamais été fait pour l'informatisation à l'Inserm. Sans doute croit-il que l'Inserm n'a commencé à exister qu'à son arrivée dans l'organisme ! Il y a eu avant lui bien d'autres grands projets d'informatisation, qui tous ont capoté en cours de route. La différence, c'est que les prédécesseurs de notre actuel Secrétaire Général ont eu assez d'intelligence pour constater l'échec avant de mettre en ligne des logiciels inopérants. Notre Secrétaire Général, lui, se refuse à admettre l'échec. Non content d'avoir laissé mettre en ligne un outil raté, ou en tout cas très insuffisamment testé, il refuse toujours de reconnaître l'échec cuisant dont nous étouffons depuis 2 mois et demi, il refuse même de surseoir à l'application de Safir qui permettrait d'éviter au moins temporairement l'asphyxie de nos laboratoires, et la catastrophe qui pointe.

Nous avions eu quelques temps le sentiment que notre Directeur Général ne se désintéressait pas totalement de la situation, notamment par son message du 10 février dernier dans lequel semblait poindre une certaine impatience, mais depuis plus d'un mois son silence est redevenu assourdissant. Après l'optimisme béat qui a longtemps prévalu (« la semaine prochaine, tout ira bien »), personne dans notre administration n'ose plus même faire de pronostic, ni s'exprimer sur le sujet. Si Safir, dans le module des valideurs, PO, flotte encore entre deux eaux comme le pétrole du Prestige, le module des demandeurs, IP, qui devait ressembler à Achats 3 et donc permettre une transition, a déjà totalement sombré dans les fosses abyssales. Combien l'INSERM a-t-il dépensé, et combien devra-t-il encore dépenser pour tenter de les renflouer ' Nous apprenons que celui qui a été, pendant 2 ans, responsable de la fonctionnalité du projet Safir a été nommé au 1er janvier directeur du département « Finances et logistiques » de l'Inserm. Si cette promotion lui permet de quitter le navire, déjà cassé en deux, avant le naufrage, elle n'est pas pour nous rassurer quant à notre avenir.

Le résultat : la diffusion larga manu voire l'affichage dans les laboratoires des codes de connexion des valideurs, censés être limités en nombre et confidentiels. Et donc la connexion, possible, sous PO seulement, d'utilisateurs devenant ainsi totalement anonymes, avec tous les risques d'erreurs ou de dérives de la gestion des crédits. Il faut prendre d'urgence la seule décision qui s'impose : la suspension de Safir.

PS : Notre Directeur Général prévoit une (nouvelle) réunion des Directeurs d'Unité avant l'été, fixée d'abord au 16 mai, puis au 23 mai, maintenant au 13 juin. Sans doute est-il dans l'attente de la suspension de Safir par notre Secrétaire Général pour que ses services parviennent à faire le bon de commande indispensable pour réserver la salle !

>SNCS-FSU
>Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (FSU)
>1, place Aristide Briand
>92195 MEUDON CEDEX

>Subject: protestation Budget
>
>Chers collegues
>L'annulation de 30% des budgets a l'INSERM et au CNRS (entre autres) cree
>une situation d'une extreme gravite, sans precedent dans l'histoire de ces
>organismes. Cela signifie, a tres court terme, la paralysie des
>laboratoires et la remise en cause des capacites de la recherche publique
>francaise dans le plus long terme.
>Nous nous devons de reagir.
>Nous  invitons les directeurs de structures INSERM a venir temoigner leur
>reprobation aux representants des Ministeres du Budget, de la Recherche et
>de la Sante, lors du Conseil d'Administration de l'INSERM, le 10 avril a
>14h (101 rue de Tolbiac).
>
>J. Epelbaum, N.Farman, D. Hemon, B. Jegou, JY. Picard
>
>
>Nicolette Farman, MD, PHD
>Director of INSERM research Unit 478

Compte-rendu de l'entrevue du Ministère de la recherche
avec la délégation syndicale lors de la manifestation du 20/03/03

Représentants du Ministère : Bigot directeur du cabinet, Cervel directeur adjoint ; Gros conseiller, le responsable des affaires financières. La Ministre était excusée une fois de plus !
Délégation syndicale :  M Pierre (SNTRS-CGT) et C Crière (CGT- intersyndicale des archéologues de l'INRAP), J Fossey (SNCS-FSU) et un représentant du SneSup-FSU, P Girard et 1 autre personne (SGEN-CFDT), Lagoutte et 1 autre personne (SNIRS-CGC), 2 représentants de la CFTC et 2 représentants de la Confédération des Etudiants Chercheurs.

Les syndicats sont intervenus pour d'énoncer toutes les mesures qui ont successivement réduit les moyens de la recherche publique ces derniers mois.
1) baisse du nombre des recrutements dans la recherche et l'enseignement supérieur par rapport à 2002 et diminution des postes statutaires chercheurs dans les EPST.
2) En ce qui concerne les crédits :
-- annulation de crédits fin décembre 2002 qui ont dans les faits été reportés sur les crédits 2003.
-- diminution des CP dans les EPST hors ressources propres dans le budget 2003 (-17% au CNRS, - 11,5% à l'INSERM par exemple)
-- maintenant gel de 30% des crédits 2003 et annulation de 9,3%
-- les retombées sur les labos commencent à être connues au CNRS. Certains labos voient leur dotation chuter de 40%.
3) report de l'augmentation annoncée de la revalorisation des allocations de recherche (+5,5%)
Le SNTRS a insisté sur le fait que ces mesures créaient une situation dramatique car les perspectives de débouchés pour les jeunes avant les mesures 2003 étaient déjà désespérantes (précarité,..). La recherche perd beaucoup d'attractivité d'autant que les carrières sont peu intéressantes. De plus, beaucoup de labos qui ont peu de ressources externes ne pourront pas fonctionner longtemps. Les thésards et les statutaires sont inquiets pour le devenir des thèses et du déroulement en général des travaux de recherches. La présentation comptable du Ministère occulte la situation vécue dans les labos. Cette situation est la conséquence des choix gouvernementaux (baisse des impôts pour les entreprises et les catégories à revenus élevés, investissements militaires,'). Ce n'est pas en affaiblissant la recherche que notre pays sera compétitif et que nous préparerons l'avenir.
Le SGEN-CFDT a également insisté sur la gravité des choix gouvernementaux. Tous les syndicats se sont inquiétés pour l'avenir de la recherche et du pays. La nécessaire revalorisation des allocations de recherche, leur indexation et un meilleur statut pour les doctorants ont été revendiquées.
La CGT de l'INRAP (archéologues intervenant sur les urgences généralement lies à des grands travaux) qui était le porte parole de l'intersyndicale de l'INRAP a rappelé lae baisse de 25% des moyens de l'INRAP votée par la majorité UMP au Parlement. Des centaines de CDD vont perdre leur emploi et des travaux vont rester ' gueule ouverte '. De plus le Ministère de la recherche, contrairement au Ministère de la culture est absent des discussions.
Le SNTRS a demandé que le gouvernement revoie les annulations et gel prévus et que nos demandes ainsi que le mécontentement exprimée par les personnels (il y a 7000 manifestants devant les portes du Ministère) soient transmis au premier ministre.

Les réponses du ministère :
1) Il s'est efforcé de relativiser les réductions de crédits sans pouvoir les nier. D'abord, les annulations de fin 2002 ne portent pas sur le budget 2003. Il ne comprend pas que la direction du CNRS puisse prétendre cela et appliquer des réductions en 2003 sous ce prétexte.
2) Les 9,3% d'annulation ne sont pas en plus des 30% de gel mais c'est une part des gels qui est déjà annulée.
3) Les emplois continuent à croître dans la recherche et l'enseignement supérieur. Les créations de post-docs ont plus que compensé la réduction des postes statutaires dans les EPST.
4) Les raisons des restrictions tiennent à la mauvaise conjoncture économique qui concerne l'Europe et le Monde. Notre dette et notre déficit sont trop importants. Il faut donner des moyens à l'économie. Quand l'économie repartira, il sera possible de rendre des moyens à la recherche. La recherche doit se tourner vers les entreprises et la valorisation pour répondre aux besoins du pays.
5) Une part du problème tiendrait à l'incapacité des EPST à faire une gestion intelligente de leurs ressources externes. Tout au long de la discussion, les directions des EPST ont été attaquées.
6) Il pense qu'il faut revaloriser les allocations de recherche mais les moyens n'existent pas pour le faire immédiatement (peut-être en fin d'année) et il faudrait diminuer le nombre d'allocataires. Il refuse l'indexation de l'allocation et l'évolution vers un statut de contractuel public.
7) Il préférerait disposer de plus de moyens. Mais on a une grave situation économique. Il transmettra à Matignon.
8) Pour l'archéologie, il pense que le système de la redevance appliquant le principe aménageurs(pollueurs)-payeurs n'est pas adaptée au financement de l'INRAP car les aménageurs sont aussi les parlementaires qui décident de la redevance. Il dénonce la volonté de monopole de l'INRAP. Il considère que le CNRS doit être impliqué. Il est incapable de s'expliquer sur son absence lors des concertations avec le Ministère de la culture et les personnels. Il ne répond pas clairement sur ce qu'il prévoit pour boucher le trou financier provoqué par la réduction de le redevance.
9) Il a annoncé le lancement prochain des ' Chantiers de la Science ' où seront débattus les évolutions à apporter à notre système de recherche. Il compte sur notre participation. L'attractivité des rémunérations devrait être un point de ce colloque : carrières, primes par objectifs car l'une des grandes idées est que la recherche doit s'organiser par projet. Les menaces sur les EPST et nos statuts sont en filigrane.

La mobilisation a été un succès dont s'est bien rendu compte le Ministère. On ne peut pas savoir si cette première mobilisation amènera des évolutions des choix gouvernementaux, mais elle devra être poursuivie et viser Matignon car le gouvernement ne peut comprendre que des signaux politiques forts. Le gouvernement veut aussi profiter de l'affaiblissement de la recherche pour la restructurer en profondeur : statuts, organisation des établissements, gestion par projets' Toutes les catégories seront touchées .Raison de plus pour développer la mobilisation.

Motion du Conseil Scientifique de l'INSERM du 21/3/2002


Le CS a voté à la motion suivante :

« En proposant de réduire de plus du quart le nombre de postes mis au concours chercheur et en bloquant de 30% les autorisations de programme de l'organisme, les autorités de tutelle prennent la grave responsabilité d'affaiblir le potentiel de recherche et de compromettre la compétitivité internationale de la France. Les décisions prises seront lourdes de conséquences. Elles fragilisent la place de la France dans la construction, en cours, d'un espace européen de la recherche et constituent un signal négatif à l'adresse des jeunes générations.
Le conseil scientifique de l'INSERM demande que des mesures soient prises au plus vite pour inverser le processus engagé par les mesures annoncées. Il demande au président du conseil scientifique d'intervenir en ce sens auprès de Monsieur le Président de la République, de Monsieur le Premier Ministre, de Monsieur le Ministre de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche et de Madame la Ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies.

Motion adoptée à l'unanimité par le vote suivant 22 oui/ 22 votants.


Au cours de son intervention, C. Bréchot a apporté des précisions sur les conséquences des restrictions budgétaires pour l'INSERM.
- Diminution de 30% des autorisations de programmes (1/3 d'annulations et 2/3 de gel),
- il n'y aura pas cette année d'opérations immobilières,
- les postes d'accueil (postes verts) et le programme AVENIR sont en difficulté,
- les contrats plan état-régions sont annulés,
- les laboratoires doivent s'attendre à des gels entre -20 et -40% !

Le Conseil d'Administration du 10 avril sera l'occasion pour les personnels de dire au gouvernement et à Bréchot ; cela suffit! Il faut une autre politique pour la recherche!

Information
A partir du 24 mars et pour une durée indéterminée, il n'est plus possible de passer de commandes. Raisons, il faut rentrer les 30% de gel dans Saphir ! Après l'asphyxie par Safir, voici l'étranglement final pour les survivants ! !
Bonjour à tous,

Notre action commence à porter ses fruits; les média ont parlé de nos difficultés.

Vous lirez avec intérêt l'interview de Claudie Haigneré par Pierre Le Hir dans Le Monde du jeudi 27 mars: http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--314511-,00.html

Également, une lecture du "Décret n° 2003-226 du 14 mars 2003 portant annulation de crédits" est riche d'enseignements. Ce texte est disponible sur http://www.legifrance.gouv.fr (les annexes, disponibles en PDF, décrivent, organismes par organismes, les différentes annulations)

Un site à conseiller: "Sauver la Recherche", sur http://recherche-en-danger.apinc.org

Pour aller plus loin, nous vous proposons de contacter personnellement votre député, votre sénateur, vos conseillers généraux et régionaux.

Vous pouvez trouver l'adresse de votre sénateur sur http://www.senat.fr/elus.html et celle de votre député sur http://www.assemblee-nat.fr/qui/

L'expérience montre que ces lettres sont plus efficaces lorsqu'elles sont personnalisées. Vous trouverez néanmoins un modèle de lettre ci-dessous, dont vous pouvez vous inspirer.
Le site "Sauver la Recherche" propose également un modèle de lettre sur http://recherche-en-danger.apinc.org/article.php3'id_article=11


Modèle à modifier selon votre inspiration et à mettre éventuellement à jour pour le nombre de signataires:

Madame (monsieur) la (le) sénateur (député, conseiller régional,....)
Vous pensiez, et vous approuviez probablement, que le gouvernement actuel considère le soutien à la recherche comme un facteur de développement et d'indépendance économique. Vous savez que cet investissement ne peut être qu'à long terme, et qu'il nécessite une continuité et une anticipation soutenue et cohérente.
Vous ignorez probablement que la situation que nous vivons aujourd'hui dans les laboratoires de recherche publiques nous amène à nous demander si le gouvernement, qui annule ou gèle les dépenses qu'il vient d'inscrire au budget 2003, est
incapable de prévisions économiques à plus de trois mois
prisonnier de promesses électorales démagogiques
adepte des tribunaux révolutionnaires qui estimaient que "la République n'a pas besoin de savant".
Notre devoir de citoyen nous commande d'alerter l'opinion publique sur les graves conséquences qu'aura rapidement, et pour tout le pays un désengagement, même temporaire, de l'Etat en matière de recherche.
C'est pourquoi nous sommes plus de 6000 à avoir signé l'appel suivant :


Madame, Monsieur, cher collègue,

La presse s'est récemment fait l'écho de menaces de nouvelles coupes extrêmement graves dans le budget de la recherche nationale.
Le budget 2003 marquait déjà l'abandon de toute priorité accordée au financement public de la recherche institutionnelle; les nouvelles dispositions annoncées correspondraient à un désengagement de l'Etat incompatible avec le maintien d'une activité de recherche de qualité en France.
Dans ces conditions, et pour envisager les moyens les plus aptes à pallier cette crise sans précédent, il nous a paru indispensable de savoir si Mme la Ministre de la recherche considère que sa fonction est de dynamiser ou de dynamiter la recherche publique. Nous lui lançons donc un appel à la solidarité en lui demandant de démissionner si ces nouvelles restrictions étaient confirmées.

Nous vous invitons à vous joindre à nous en signant électroniquement cet appel à l'adresse suivante :

http://abi.marseille.inserm.fr/cgi-bin/petition.pl

La gravité de la situation et la nécessité d'une réaction rapide nous obligent à vous demander de bien vouloir diffuser cet appel, en nous excusant par avance auprès de tous ceux qui le recevront en plusieurs exemplaires. Notre intention n'est évidemment pas de multiplier les spams, mais de mobiliser toute la communauté scientifique.


N. Belhacène, F. Birg, JP. Breittmayer, F. Coulier, J. Imbert, C. Mawas, et les autres....

Bonjour à tous,

Vous trouverez ci-dessous le texte d'une lettre envoyée par Marc Peschanski, en réponse à une proposition d'audition dans le cadre de la "mission" de Claude Griscelli pour des réformes de la recherche biologique et médicale.
Claude Griscelli, ancien Directeur Général de l'Inserm, a été missionné par Luc Ferry, Jean-François Mattéi, et Claudie Haigneré, pour "conduire une mission d'expertise visant à faire l'analyse critique de notre système de recherche biomédicale dans ses différentes dimensions et composantes".

Marc Peschanski nous a demandé de diffuser cette lettre, en pensant qu'elle pourrait susciter des refus du même type.

François Coulier, Claude Mawas


Créteil le 8 avril 2003, Pr Claude Griscelli
mission sur la recherche Biologique et Médicale
Institut Necker
156, rue de Vaugirard
75015 Paris
cc : membres de la mission, chercheurs
Cher Claude,

Merci d'avoir pensé à m'inviter dans le cadre de ta mission visant à proposer des réformes de la recherche biologique et médicale dans notre pays. Malheureusement, il ne m'est absolument pas possible d'accepter. L'heure n'est pas, pour les chercheurs de ce pays, à la discussion sur des " réformes", mais bien plus prosaïquement à la défense de notre outil de travail. La politique du gouvernement qui t'a chargé de cette mission est, purement et simplement, catastrophique pour la recherche publique (biologique, médicale et autre), qui subit une agression d'une violence inédite et invraisemblable. Le fait de lancer en même temps une "mission de réflexion sur les réformes" n'est donc qu'un leurre destiné à masquer cette attaque massive contre nos laboratoires et les personnels. Je ne veux en aucun cas valider par une quelconque participation personnelle cette opération "poudre aux yeux". J'aurais un peu de mal à comprendre, je dois l'avouer, que des chercheurs scientifiques confr!
ontés aux réalités quotidiennes des laboratoires aient l'esprit assez libre pour le faire.
Leur travail de réflexion ne pourrait, en tout état de cause, qu'être marqué du sceau du déclin de la recherche qu'organise le gouvernement, sans enthousiasme ni optimisme, sans vision... bref, médiocre.

Tu comprendras, je l'espère, que je ne puisse dans ces conditions ni accepter ton invitation ni même te souhaiter le succès de ta mission. Je souhaite au contraire, très vivement, que les scientifiques auxquels tu t'adresseras fassent le même choix que moi. Cela montrera au gouvernement que nous ne sommes pas dupes, et qu'il a face à lui une communauté scientifique unie et déterminée à s'opposer par tous les moyens à sa politique de destruction.
Bien cordialement à toi

Marc Peschanski, MD PhD
DR1 INSERM


Protestation et manifestation contre la diminution possible de 40% du budget de l'INSERM

Action en Avril et Mai

Bonjour a tous,

Suite au communique de presse de Mme Claudie Haignere du 9 avril dernier, nous avions demande a son directeur de cabinet, M Bernard Bigot, quelques precisions sur les restrictions actuelles et l'evolution:
- des credits sur Appels d'Offres du Ministere '
- des credits ANRS '
- des Dotations Globales  des unites de recherche '
- des financement 2003 des IFR '
- des postes sur les 4 ans qui viennent, chercheurs comme ITA '
- du montant des bourses et leur nombre '
- du passage du budget de la recherche de 2,1 a 3 % du PIB a l'horizon 2010'

M Bernard Bigot n'a pas apporte de reponses a ces questions.

En revanche, il a precise que "l'INSERM globalement en 2002 a effectivement depense 62% de ses credits de fonctionnement et d'investissement", "que cet etat des choses justifiait l'inspection diligentee par le Ministere", "En toute sincerite, je crois qu'il y a interet pour les laboratoires d'ameliorer la gestion des EPST. Ce n'est pas les directeurs de laboratoires qui sont en cause : ce sont les responsables financiers et budgetaires, y compris ceux de Bercy".

Pour arriver a ce chiffre de 62%, M Bigot ignore les reports 2001 vers 2002, alors qu'il comptabilise les reports 2002 dans le disponible 2003.
Alors que le communique ministeriel du 9 avril stipule que "les organismes disposeront ainsi en 2003 de credits de paiement au moins egaux a ceux qu'ils ont consommes en 2002", la facon de calculer de M Bigot ne peut que nous inquieter davantage.
Comme l'a tres bien note Le Monde du 16 avril 2003, ce calcul amene la baisse des crédits de paiement entre 2002 et 2003 a -28% pour l'Inserm et -33% pour le CNRS!!

Vous lirez avec interet l'article de Pierre Le Hir et Jean-Yves Nau paru dans Le Monde du 16/04/03 (http://www.lemonde.fr/info/article/0,5987,3244--316944-,00.html).
Nous avons la possibilite, a la fin de l'article, d'en recommander la lecture aux lecteurs du Monde. Si nous sommes suffisamment nombreux a le faire, il est possible que l'augmentation du "facteur d'impact" puisse avoir un effet positif sur la comprehension de nos problemes par le grand public, en depit des efforts de communication du Ministere.

F Birg, JP Breittmayer, F. Coulier, C. Mawas

P.S.: Si vous ne souhaitez plus recevoir ce type de messages, merci de nous en informer par mel a coulier@marseille.inserm.fr



Vous lirez avec intérêt les articles suivants publiés dans la presse:
Libération:
Emplois scientifiques: nouvelle baisse en 2004 ' par Sylvestre Huet
http://www.liberation.fr/page.php'Article=108204
Labos: période de souris maigres
http://www.liberation.fr/page.php'Article=108203
Le Monde:
Les chercheurs dans la rue pour des crédits et des emplois, par Pierre Le Hir
http://www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,5987,3244--319184,00.html


Également l'article paru dans Nature du jeudi 1er Mai (French researchers demand radical overhaul of funding), par Declan Butler
Cordialement,
F Birg, JP Breittmayer, F. Coulier, C. Mawas






 
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