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Les axes prioritaires de
la recherche.
Les recherches sur la maladie dAlzheimer (MA) ont débuté
il y a plus de 100 ans et se sont intensifiées considérablement
ces 10 dernières années, impliquant plusieurs milliers
de chercheurs de par le monde.
Le bilan actuel est mitigé:
-> Sources de satisfaction
o Nous connaissons dans ses grandes lignes les causes de la maladie dAlzheimer
-> > les plaques formées de Abeta
-> > les neurofibrilles formées de tau
o Nous savons que les marqueurs Abeta et tau, qui sont certainement directement
impliqués dans la pathologie, nous ménerons à coup
sur:
-> > au diagnostic biologique précoce, et même très
probablement au diagnostic prédictif de la MA : il y a des indices
forts pour penser cela
-> > Ces marqueurs nous mèneront également au traitement
de la MA, peut-être demain ou plus tard, ou progressivement
o Nous connaissons mieux lhistoire naturelle et moléculaire
de la MA, qui nous dit que les traitements symptomatiques sont et resteront
loingtemps importants dans la stratégie anti-Alzheimer. Il est
possible de les améliorer sans faire de grands frais.
-> Source dinquiétude
o Si nous connaissons les acteurs de la MA, nous ne connaissons pas assez
précisément les cibles, ce qui ouvre un éventail
trop grand de stratégies thérapeutiques, et à une
approche qui semble désordonnée et chaotique.
o Lagrégation de Abeta dune part et de la protéine
tau dautre part indiquent que la MA est une maladie neurodégénrative
unique, en ce sens quelle résulte de la potentialisation
de deux processus dégénératifs distincts. Cest
la synergie de lamyloïdogénèse (dépôt
dAbeta) et de la protéine tau (dégénérescence
neurofibrillaire ou tauopathie) qui fait la MA. Nous sommes donc confrontés
à une pathologie complexe, dun organe complexe.
o Le marché du diagnostic et du médicament est considérable,
de plusieurs milliards de dollars, ou deuros, par an. Sil
y a un diagnostic ou un médicament mis au point, sera t-il américain,
japonais ou européen, voire français. Sans rentrer dans
les détails, mais on peut le faire, quand les américains
augmentent régulièrement leur budget de 15% chaque année,
le budget français est diminué de 15 à 30%. Je vous
laisse le soin de conclure sur les chances délaborer un médicament
français qui stimulerait léconomie et qui boucherait
le « trou de la sécu ».
o Je nuancerai un point qui est la mise en place de la loi Allègre
de 1999, et suite à cela à linstallation de bioincubateurs
prés des universités, et à une aide possible de lAnvar
pour développer des start-ups ou des entreprises à technologies
innovantes. Mais combien de start-ups venant du monde académique
et dédiées à lAlzheimer? Cest entre pas
beaucoup et pas du tout. Donc leffort doit être intensifié.
-> En conclusion, il y a du bon et du moins bon. Mon impression est
quen France, malgré notre année noire, nous allons
survivre, car la plupart des chercheurs sont totalement dévoués
à la cause, et avancent malgré les obstacles incroyables
générés à la fois par Bercy et par les Administrations.
o Je signale des initiatives heureuses comme la création de la
cérébrothèque nationale, sous linitiative de
France Parkinson. Ceci démontre que lon peut sorganiser
en France, pour être plus efficace. Il faut poursuivre ce type dopérations.
o Je signale une autre bonne expérience de collaboration fructueuse
entre Aventis et quelques groupe de recherche institutionnelle français.
Enfin, je veux témoigner ici que le soutien financier de France
Alzheimer a un impact positif très fort au niveau de la recherche
française sur la MA, et que notre équipe, constituée
maintenant de plus de 20 chercheurs, doit beaucoup à FA, qui nous
a aidé au bon moment.
Dicton à lemporte-pièce :
En France, on na pas de pétrole, mais on a des idées.
Mais si on ne peut plus développer nos idées, que va devenir
la France ?
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