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 II.1.1 : Expression des protéines Tau.

Les protéines Tau font partie de la famille des protéines associées aux microtubules ou MAPs pour « Microtubule Associated Protein ». Chez l’homme, ces protéines sont principalement neuronales, certaines cellules non-neuronales en synthétisant. Elles sont notamment retrouvées dans des cellules gliales en conditions pathologiques (Lopresti et al., 1995 ; Chin et Goldman, 1996 ; Spillantini et al., 1997).


Les protéines Tau sont synthétisées à partir d’un gène unique localisé sur le chromosome 17 à la position 17q21 (Neve et al., 1986 ; Goedert et al., 1989). Le gène tau est constitué de 16 exons (figure 8). Il y a un épissage alternatif de ce gène dans le système nerveux central. En effet, dans le cerveau humain, les exons 4A, 6 et 8 ne sont pas traduits. A titre d’exemple, l’exon 4A est caractéristique d’une expression périphérique de Tau (Georgieff et al., 1993). Les exons 2, 3 et 10 sont également sujets à un épissage alternatif. Ainsi, dans le cerveau adulte, cet épissage alternatif est à l’origine de la production de 6 isoformes de Tau (Figure 8). Ils diffèrent les uns des autres de part la présence d’inserts de 29 ou 58 acides aminés à l’extrémité N-terminale de la protéine (séquence correspondante aux exons 2 et 3) et d’un domaine répété de 31 acides aminés dans la partie C-terminale (exon 10) (Goedert et al., 1989 ; Kosik et al., 1989 ; Goedert et Jakes, 1990). L’inclusion de cette dernière séquence, codée par l’exon 10, donne dans le CNS adulte trois isoformes présentant 4 séquences de liaison aux MTs (4R), les trois autres n’en présentant que 3 (3R). Au niveau protéique, cet épissage alternatif génère donc 6 isoformes de Tau dont les combinaisons possibles sont : 2-3-10-, 2+3-10-, 2-3-10+ ; 2+3+10- ; 2+3-10+ et 2+3+10+.

Il faut également signaler que l’expression des protéines Tau est régulée de manière spatio-temporelle au cours du développement. En fait, une seule isoforme, la plus courte (352 acides aminés) est présente au stade embryonnaire : c’est l’isoforme fœtale. A la naissance, une seule isoforme est présente et ne comporte aucun des inserts codés respectivement par les exons 2, 3 et 10. Au cours du développement, les autres isoformes vont apparaître. Leur longueur sera alors comprise entre 352 et 441 acides aminés. Cette régulation spatio-temporelle est très importante pour le développement du tissu cérébral (Voir chapitre sur la fonction des protéines Tau).
Enfin, récemment un autre gène a été décrit dans la séquence même du gène de Tau. En effet, la séquence intronique entre les exons 9 et 10 du gène de Tau encode une protéine nommée « la Saitohine ». Cette protéine de 128 Acides Aminés et qui n’a pas d’homologue clairement établi, aurait des implications dans la maladie d’Alzheimer (Conrad et al., 2002). Toutefois, ces premiers résultats restent encore à être validés puisque certaines études n’ont pas révéler de lien génétique entre ce gène et la maladie d’Alzheimer (Cook et al., 2002 ; Streffer et al., 2003).

Il est important de noter que cet épissage alternatif de Tau est essentiel pour une cellule nerveuse. Ainsi, dans le CNS adulte, les quantités d’isoformes 3R et 4R sont quasiment identiques (Goedert et al., 1989). Une rupture dans cet équilibre pourrait être délétaire pour la cellule. En effet, dans les DFTP-17, les mutations introniques dans le gène tau entraînent une surproduction d’isoformes à quatre domaines de liaison aux microtubules. Cette surexpression anormale entraînerait l’agrégation spécifique de ces isoformes dans les cellules neuronales et gliales (Cf chapitre sur les DFTP-17).

 

 


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