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Troubles
alimentaires et troubles de dŽglutition (Equipe
du centre mŽdical des monts de Flandre – Bailleul) Certains
patients dŽveloppent durant la maladie un appŽtit vorace, avec des
prŽcipitations parfois sur l'alimentation sans prendre le temps de mastiquer
correctement. Des
fausses routes seront alors ˆ craindre. I1 est conseillŽ dans ce cas de ne
prŽsenter que de petites quantitŽs d'aliments ˆ la fois, de faire utiliser
prŽfŽrentiellement une petite cuillre au malade pour que les volumes
consommŽs par les malades soient de faibles importances. Certains
facteurs peuvent aggraver les difficultŽs de dŽglutition: -les
infections buccales et en particulier les mycoses. Le diagnostic sera fait
lors de l'examen de la bouche par le mŽdecin. Parfois un prŽlevement buccal
sera nŽcessaire. -des
douleurs buccales quÕils nÕexprimeront pas, lÕavis du dentiste est prŽcieux -lorsque
la vigilance sera diminuŽe, la capacitŽ de dŽglutition sera rŽduite, parfois
une rŽduction de sŽdatifs aide ˆ la dŽglutition -une
sŽcheresse de bouche peut aussi contribuer pouvant tre dž ˆ certains
mŽdicaments. -un
partage de lÕattention peut rŽduire la concentration du malade sur sa
dŽglutition, parfois il est souhaitable que la tŽlŽvision ne soit pas regardŽ
pendant le repas par exemple Une
des principales complications sont les bronchites ˆ rŽpŽtition. Aprs une
fausse route, pensez ˆ prendre la tempŽrature durant les 24h qui suivent Un
faible nombre de patients prŽsentant une DFT peuvent prŽsenter des troubles
de dŽglutition en raison d'une atteinte de la corne antŽrieure de la mo‘lle.
Ils commencent par des fausses routes qui parfois ne sont dues qu'aux
liquides. Devant
des troubles de dŽglutition, quels problmes faut-il Žliminer avant de
retenir comme Žtiologie comme Žtant en rapport avec la dŽgŽnŽrescence
frontotemporale ? -Une
mycose buccale -Une
aphtose buccale -Une
algie dentaire -Une
inadaptation de prothse -Une
rŽduction de la salive -Une
pathologie ORL -Une
pathologie de l'oesophage -Une
myopathie Troubles
de reconnaissance des Žmotions lors de dŽgŽnŽrescence frontotemporale Une
des manifestations frŽquentes lors de dŽgŽnerescence frontotemporale est
l'indiffŽrence affective. Cette indiffŽrence pourrait tre favorisŽe par une
difficultŽ de reconnaissance des Žmotions sur les visages des proches. Dr
Isabelle Lavenu, neurologue ˆ lÕhopital de Bethune Des
visages prŽsentant des Žmotions diffŽrentes (joie, colre, mŽpris, dŽgout,
peur, surprise, tristesse) ont ŽtŽ montrŽs ˆ des patients prŽsentant une
dŽgŽnŽrescence frontotemporale. Ils ont su dŽtecter la prŽsence d'une Žmotion
sur un visage, mais avaient des difficultŽs pour attribuer une signification
ˆ une Žmotion. Les
modifications affectives de ces malades pourraient tre favorisŽes par une
mauvaise apprŽhension de leur environnement Žmotionnel. Le message verbal,
l'intonation de la voix ou une posture spŽcifique pourraient peut tre les
aider ˆ mieux percevoir le type d'Žmotion exprimŽe par les proches. IntŽrt,
conditions et ressenti du bilan neuropsychologique lors de dŽgŽnŽrescence
frontotemporale Le
bilan neuropsychologique permet d'abord d'aider au diagnostic et de ce fait
d'orienter le choix des thŽrapeutiques. Puis ensuite, le suivi
neuropsychologique permettra de juger de l'efficacitŽ des traitements mis en
place, mais aussi d'affiner la forme, du sous type de la maladie La
durŽe de l'examen dŽpend de l'attitude adoptŽe par le patient. Il est
nŽcessaire qu'un proche accompagne le patient ˆ la consultation, cependant il
est important que son comportement reste neutre. L'accompagnant aura un temps
de parole durant l'entretien de manire ˆ Žtayer les difficultŽs rencontrŽes
dans la vie quotidienne et ˆ exprimer son ressenti, en revanche durant les
tests, il lui sera demandŽ de ne pas intervenir en soufflant la rŽponse ou en
soupirant lorsque le patient se trouve en difficultŽs. Ceci peut en effet
angoisser le patient qui n'osera plus rŽpondre et perturbera l'interprŽtation
des rŽsultats. l'examinateur renforcera toujours positivement le patient mme
en situation d'Žchec pour Žviter un vŽcu douloureux de l'examen et la prise
de conscience des troubles. Lors de dŽgŽnŽrescence frontotemporale, le bilan
peut para”tre directif mais cela est nŽcessaire afin d'obtenir par la
stimulation l'engagement du patient dans la situation de test. Mme
Carole Mouly Comment
un patient ayant une DFT peut il devenir dangereux au volant ? 1 La maladie est souvent ˆ l'origine
d'une certaine impulsivitŽ, d'un trouble du contr™le de l'inhibition: -un
patient nous raconte avec indiffŽrence qu'il ne peut s'arrter au feu rouge
que si une voiture est devant lui, sinon il le bržle. -un
autre patient est incapable de suivre les limitations de vitesse mme si ˆ
chaque fois qu'il remonte en voiture il promet d'tre prudent 2 Les
troubles du caractre peuvent tre ˆ l'origine de disputes avec d'autres
usagers de la route. L'Žpouse d'un de nos patients rapporte sa honte rŽcente
devant les propos tenus par son Žpoux par la fentre du vŽhicule au
conducteur voisin. 3 La
perte d'intŽrt et l'apathie conduisent parfois au non entretien du vŽhicule,
ˆ l'oubli du renouvellement de l'assurance par exemple, ou encore par l'oubli
de l'allumage des phares en pleine nuit 4 la
distractibilitŽ peut aussi conduire ˆ lire plus les affiches publicitaires
qu'ˆ suivre les conseils de la sŽcuritŽ routire. Mme sans dŽsorientation
spatiale contrairement aux patients Alzheimer, ils peuvent courir des dangers
au volant. Les proches sont les seuls vrais tŽmoins de leur conduite
automobile. Parlez
en au mŽdecin lors de la prochaine consultation Comment
dire aux enfants... TŽmoignage
anglais de Carol Jennings (traduction
de Simone Davies) "Il
ne peut surement pas y avoir de plus grande douleur pour un enfant que de
perdre la personnalitŽ d'un parent, et pas de plus grande peur que de savoir
que cette perte est due ˆ la dŽmence. Pour les enfants ce deuil vivant les
met devant l'une des plus grandes pertes possibles ˆ un stade prŽcoce de leur
dŽveloppement Žmotionnel et intellectuel. Nous voulons tous Žpargner la douleur
ˆ nos enfants mais nous ne devons pas sous-estimer leur capacitŽ de percevoir
les changements chez l'adulte sur lequel ils se sont toujours appuyŽs. Bien
sžr, les rŽactions ˆ cette situation varieront en fonction de l'‰ge. Nous
savons qu'avoir ŽprouvŽ, jeune, une perte si importante peut mener ˆ des
problmes ˆ long terme qui peuvent avoir des retentissements ˆ l'‰ge
adulte." "ALORS
COMMENT LES AIDER ? Il est
important que: 1-nous
soyons conscients que les enfants sont des baromtres de sentiments et, comme
nous, ressentiront la colre, la culpabilitŽ, la peur et la frustration. 2-nous
expliquions les choses trs honntement, mais de telle faon que les enfants
puissent comprendre. 3-nous
essayions de dissiper la peur et l'insŽcuritŽ, qui peuvent mener ˆ des
problmes de comportement. Par exemple la dŽmence nÕest pas contagieuse et
l'autre parent est toujours lˆ pour eux. Il faut aussi que l'Žcole soit
informŽ des changements survenus dans la situation familiale. 4-il
faut impliquer les enfants. Ils peuvent s'adapter ˆ beaucoup de changements. Il
nÕest jamais facile de savoir comment se comporter devant une perte, mais
l'ignorance n'est PAS un bienfait" GARDEZ
LEUR VOTRE CONFIANCE...MAIS N'OUBLIEZ PAS LEUR MALADIE Combien
d'entre vous n'ont pas dit "il m'avait promis de ne plus
recommencer" et ont pensŽ "je ne peux vraiment pas lui faire
confiance" lorsqu'il reproduira la mme conduite inadaptŽe. La mŽfiance,
et les interprŽtations vont progressivement s'installer, la tendance ˆ
surveiller votre proche ˆ distance va s'installer comme celle de penser que
ce comportement vous est peut tre volontairement destinŽ "et s'il le
faisait exprs pour m'embter....". Vous allez peut tre l'interroger,
mais vous n'aurez pas de rŽponse et il ne para”tra pas affectŽ par votre
dŽsarrois, "il se moque de moi..." C'est alors progressivement
votre comportement qui change en rŽaction ˆ votre chagrin et ˆ votre colre. ET POURTANT...MEME AVEC UN TRES FORT
DESIR DE SA PART DE NE PLUS RECOMMENCER, IL NE POURRA SE CONTROLER EN
SITUATION Notre
self contr™le est dŽpendant d'une rŽgion des lobes frontaux, la plus proche
des orbites, la rŽgion orbito-frontale. Arrtons
de demander "comment a va ?" mais prŽfŽrons "comment allez
vous, vous ?" Cette
remarque n'est pas ˆ mettre sur le compte dÕun dŽsir de jouer avec les mots
mais dÕinsister sur les conditions de vie particulirement difficiles
matŽriellement et surtout affectivement des proches des patients touchŽs par
une dŽgŽnŽrescence frontotemporale. Comment
voulez vous que a aille...!, que rŽpondre ˆ cette phrase presque inepte,
blessante qui pousse ˆ fuir les questions de tous ceux qui ne comprennent
pas, c'est ˆ dire la plupart... Que
rŽpondre ˆ toutes les remarques, les "c'est ˆ cause de", les
"pourquoi vous ne faites pas cela" et pourtant le plus souvent vous
avez tout essayŽ et vous avez trouvŽ le moins mal pour lui, pour elle, mais
aprs un long chemin dÕŽchecs, de nuits blanches, de moments dÕangoisse ...et
de honte.. ET
VOUS MAINTENANT COMMENT ALLEZ VOUS ? Il est
plus que temps que nous pensions ˆ vous... "C'est toujours avec moi qu'il
fait le moins d'effort, m'en veut il ?" Les
lobes frontaux sont des rŽgions du cerveau qui sont primordiales dans la
gestion de la vie sociale. A la fois ils permettent dÕinhiber des
comportements dŽviants, mais ˆ lÕinverse les lobes frontaux sont influencŽs
par les caractŽristiques de lÕenvironnement, comme lÕaspect stimulant et
aussi le caractre de nouveautŽ. Dans
la vie quotidienne au domicile avec le conjoint le caractre de nouveautŽ est
faible ou absent. De ce
fait les performances avec le conjoint sont souvent beaucoup moins bonnes
quÕen sociŽtŽ ou en consultation mŽdicale. Cela
sÕobserve frŽquemment chez les patients ayant une dŽgŽnŽrescence frontotemporale
quelque soit le tempŽrament du conjoint. Cela
permet de rapporter ce comportement ˆ la maladie et nous ˆ lÕentente (ou la
mŽsentente) du couple. Le
conjoint n'est pour rien dans le comportement du malade et le malade ne
dŽsire pas blesser spŽcifiquement le conjoint. Les
reproches trs comprŽhensibles des proches sont plus souvent nŽgatifs pour le
malade, mme sÕil faut stimuler le patient. Il est
souhaitable de dŽcouvrir le seuil dÕirritabilitŽ pour ne pas le dŽpasser. Rappelons
que la mise en Žchec et la culpabilisation sont de mauvais amis de tous. QUAND
LES MOTS NE PARLENT PLUS Les
troubles du langage font partie des sympt™mes neuropsychologiques des
atrophies lobaires qui regroupent: -les
formes comportementales des dŽgŽnŽrescences frontotemporales -l'aphasie
progressive -la
dŽmence sŽmantique. Au
dŽbut il peut exister une logorrhŽe mais plus frŽquement une rŽduction du
langage, ainsi que des commentaires stŽrŽotypŽs et une tendance Žcholalique ˆ
rŽpŽter les phrases de l'autre. Ds le dŽbut dans la dŽmence sŽmantique ou rapidement dans
certaines aphasies progressives apparaissent des troubles de la comprŽhension
des mots. Ces
troubles de la comprŽhension des mots peuvent survenir avec l'Žvolution lors
de dŽgŽnŽrescences frontotemporales et tre ˆ l'origine de difficultŽs
majeures de communication. MalgrŽ des rŽpŽtitions d¹ordres ou de
sollicitations, votre proche peut ne pas comprendre les mots que vous
prononcez. Que signifie le mot "manteau"? ...mets ton manteau ...,
que dois-je mettre, lequel des vtements suspendus au porte manteau ?,
manteau, est ce ˆ mettre sur son dos, sur sa tte, aux pieds ? C¹est
dans de telles situations que vous perdez votre patience, tandis que son
angoisse monte ne sachant faire face ou que sa colre vient sentant votre
Žnervement. La prise de conscience de ce trouble de comprŽhension n'est pas
toujours Žvidente, fait-il la tte pour ne pas me rŽpondre ?, m'en veut il ?
... Si votre douleur est trs comprŽhensible, la sienne pourra tre apaisŽe
si votre incitation passe plus par le geste que par les ordres. Pensez ˆ lui
donner la main pour qu¹il se lve du fauteuil plut™t que de souffrir
ensemble de rŽpŽtitons de sollicitations "viens te coucher, a fait 100
fois que je te le dis". DEGENERESCENCES
FRONTOTEMPORALES & DIVORCE : Y A T IL UN LIEN ? A t-on
jamais fait des recherches sur lÕincidence des dŽgŽnŽrescences
frontotemporales ˆ dŽbut prŽcoce sur le divorce ? On a tendance ˆ penser que
le divorce a eu un r™le de dŽclenchement de la maladie. Et si cÕŽtait le
contraire? Si la procŽdure de divorce commenait avec la maladie cŽrŽbrale
non dŽtectŽe. Ayant
rencontrŽ rŽcemment 2 cas de ce genre, jÕai repensŽ ˆ ma propre expŽrience. Un
soir je suis allŽe le chercher ˆ la gare du Nord: il mÕa simplement jetŽ un
regard absent, comme sÕil ne me connaissait pas et a marchŽ jusquÕau bout du
quai. Je lÕai rattrapŽ et je dois dire que jÕŽtais en colre. Le train avait
2 heures de retard, cÕŽtait lÕhiver et jÕavais attendu dans le froid, simplement
parce quÕil aimait que jÕaille le rencontrer. CÕest ce que je lui ai dit,
mais il nÕa eu quÕun regard vide. Il y
eut dÕautres incidents. JÕessayais de les ignorer, mais eu soudain lÕidŽe
fugitive que peut tre sa vie ne lui convenait plus et quÕil cherchait autre
chose. Divorcer ? Est ce que cela serait mieux pour lui ? pour nous ?
JÕŽcartais cette idŽe. Je me rappelle cependant lÕinstant o une petite voix
mÕa murmurŽ: "nous ne vieillirons pas ensemble". A prŽsent, jÕy
repense comme une sorte de prŽmonition, parce que le diagnostic de
dŽgŽnŽrecence frontotemporale fut enfin portŽ et nous sommes restŽs ensemble
jusquÕˆ la fin, seulement lui est mort ˆ 57 ans et nÕa pas vieilli. .. AujourdÕhui
je me demande: pourrait on faire une enqute sur les cas de divorce o une
personne a dŽveloppŽ une telle pathologie, ce serait une faon de
sensibiliser aux signes prŽcoces de la maladie.... Simone
Davies traduction
dÕune partie dÕun article de la revue anglaise du PDSG DŽgŽnŽrescences frontotemporales et
problmes nutritionnels Si l'amaigrissement est reconnu comme
un sympt™me frŽquent de la maladie d'Alzheimer, il n'est pas habituel dans
les DFT. Ces patients font en revanche l'objet d'autres prŽoccupations
alimentaires, diverses, variables d'une forme de la maladie ˆ une autre et
pouvant se modifier avec l'Žvolution de la pathologie. L'hyperphagie
est habituelle avec une augmentation des rations alimentaires, pouvant manger
tout ce qui est ˆ portŽe de mains avec une perte de la satiŽtŽ, du sentiment
de ne plus avoir faim. La dŽsinhibition associŽe peut expliquer des vols
d'aliments dans les magasins ou dans les assiettes des proches. Le choix des
aliments peut tre non sŽlectif avec mme une consommation d'aliments pŽrimŽs
ou mme d'objets non comestibles parfois. Le
grignotage sucrŽ ou salŽ est une alimentation entre les repas, le malade
pouvant consommer de faon parfois massive bonbons, chocolat, g‰teaux secs
sucrŽs ou salŽs. Le grignotage peut nŽcessiter que le patient n'ait pas accs
aux armoires. Ces 2
modifications des conduites alimentaires peuvent favoriser le dŽveloppement
d'un diabte ou d'une obŽsitŽ que nous redoutons par le retentissement sur la
marche et la respiration. Certains
patients peuvent se focaliser sur un aliment ou un type d'aliments, pas
obligatoirement apprŽciŽ antŽrieurement et vouloir ne plus consommer que cet
aliment. Certaines prŽfŽrences sont parfois irrationnelles, refusant par
exemple tous les aliments d'une couleur donnŽe. Ces
patients peuvent dŽvelopper un collectionnisme qui peut concerner des
aliments sans Žviter leur dŽgradation ˆ l'air rendant les aliments dangereux
ˆ la consommation. La
circonvolution frontale ascendante du cerveau est impliquŽ dans l'innervation
de muscles impliquŽs dans le mŽcanisme de la dŽglutition, le muscle
myelo-hyoidien, ceux du pharynx et de l'oesophage. Le cortex initie la
sŽquence motrice et contr™le la dŽglutition. Les troubles de dŽglutition sont
un des sympt™mes les plus invalidants au niveau mŽdical avec des risques de
troubles respiratoires. Ces manifestations sont souvent tardives dans la
maladie sauf lorsqu'il existe une maladie du motoneurone. Une
nouvelle gŽnŽration de soignant familial Autrefois,
la coutume voulait que ce soit un enfant, gŽnŽralement une fille, qui
s'occupe de ses parents vieillissants, " sŽniles ", comme on disait
alors. Puis,
quand la dŽmence fut reconnue comme une maladie, le r™le de soignant revint
au conjoint, par amour, bien sur, mais aussi par devoir, comme se plaisaients
ˆ le souligner certains mŽdecins et travailleurs sociaux. A
prŽsents les dŽmences spŽcifiques au sujet jeune ont ŽtŽ reconnues par la
mŽdecine, bien que pas encore toujours diagnostiquŽes, avec des
manifestations diffŽrentes de celles connues de la maladie d'Alzheimer, comme
les pertes de mŽmoire d'orientation. On arrive alors parfois ˆ une nouvelle
gŽnŽration de soignant familial, le parent-soignant. Bien
que leur douleur soit souvent insupportable, ce sont souvent eux qui ont la
meilleure comprŽhension des problmes comportementaux et des besoins de leur
enfant. Ils ont aussi la patience qui vient non seulement de l'‰ge, mais
aussi du fait qu'ils n'ont pas, eux, ˆ travailler tout en s'occupant du
malade et d'enfants souvent jeunes. C'est tout cet ensemble (comportement
souvent agressif envers les proches, travail, enfants) qui est ˆ l'origine de
la rupture de la structure familiale (divorce, enfants dŽstabilisŽs). Si le
parent prend la relve, certains problmes apparaissent : -ils
n'ont aucune reconnaissance lŽgale et aucun pouvoir de dŽcision, la tutelle
Žtant attribuŽe au conjoint mme sŽparŽ -l'offre
d'aide des parents/beaux parents peut tre refusŽe par le conjoint ou les
enfants du malade qui la considrent comme une interfŽrence -il
n'y a aucun soutien ou aide prŽvue pour eux, dans la plupart des cas La
reconnaissance de cette nouvelle gŽnŽration de soignant aiderait sans doute ˆ
maintenir ou rŽtablir la cellule familiale. Simone
Davies (antenne de Poissy de France Alzheimer) |
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DŽgŽnŽrescence frontotemporale
(DFT) et mŽdecine du travail Entretien avec le Dr Thomas-Anterion, neurologue h™pital Bellevue ˆ St Etienne Les dŽgŽnŽrescences frontotemporales
pouvant survenir chez des patients jeunes peuvent se manifester
prioritairement dans le milieu professionnel. En fonction de la profession, la maladie
sera mise en Žvidence plus ou moins t™t. Elle pourra altŽrer la
rapiditŽ, le jugement, l'organisation du travail, la prŽcision. Elle pourra
se manifester sur le comportement de la personne au travail qui peut devenir
moins ponctuelle, plus impulsive, moins tolŽrante vis ˆ vis de ses collgues,
moins prudente, sans parler des consŽquences du dŽveloppement dans le cadre
de la maladie d'un gout pour lesboissons alcoolisŽes. |
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Vous avez l'expŽrience
de patients ayant une DFT et qui Žtaient encore en activitŽ, sur quels
critres pensez vous qu'il est raisonnable de conseiller l'arrt de la
profession ? Ce type de dŽcision relve du cas par cas :
prŽsentation clinique, type d'activitŽ, milieu professionnel. La rgle
gŽnŽrale est que ce sont rarement les capacitŽs cognitives qui font discuter
l'arrt de l'activitŽ professionnelle comme dans la maladie d'Alzheimer mais
plut™t les troubles comportementaux sur le mode d'un dŽsintŽrt, d'une
apathie,d'un manque d'initiatives ou au contraire sur le mode d'une agitation
ou d'une impulsivitŽ (parfois dans le cadre d'une imprŽgnation Žthylique).
Dans mon expŽrience, lors de la premire consultation les patients encore en
activitŽ ont souvent dŽjˆ ŽtŽ confrontŽs ˆ ce type de problme. Il convient
donc de toujours aborder ce point et d' Žvaluer la situation. L'objectif sera
de ne pas maintenir ˆ tout prix un patient en activitŽ et d'avoir une action
prŽventive afin de ne pas voir cesser celle-ci par un Žtat de crise, une
faute professionnelle ou un accident du travail. |
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Avez vous le droit de
contacter, vous neurologue, le mŽdecin du travail pour signaler les
problmes pouvant survenir ou pour avoir des informations sur le comportement
du patient ˆ son travail ' L'attitude est la mme que pour
toutes les pathologies, ce contact est possible, fortement recommandŽ dans ce
cas mais ne peut se faire qu'avec l'accord du patient. Notre r™le est donc de
bien expliquer l'intŽrt d'un tel contact. Celui-ci peut permettre de mieux
Žvaluer le poste de travail et si la charge demandŽe au patient est
compatible avec les sympt™mes cliniques. Il permettra de mieux Žvaluer
l'environnement et d'Žventuels aides au sein de l'entreprise. Le mŽdecin du
travail aura recueilli aussi parfois des informations auprs des collgues de
travail. De plus son information permettra de ne pas interprŽter certains
sympt™mes en dŽfaveur du patient (manque d'initiative considŽrŽe comme
une faute professionnelle). |
Peut on espŽrer un
poste de travail adaptŽ et comment le choisir ' Lˆ encore, tout dŽpend du poste. Dans
certains cas, un allŽgement reste possible et ce d'autant plus que des
personnes-ressource dans l'entreprise rŽŽvalueront l'aptitude du patient.
Aucun mŽdecin ne prendra nŽanmoins un risque d'accident du travail dans des postes
ˆ risque. |
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Doit on craindre un
licenciement et que faire dans ce cas ? Le licenciement aura lieu si faute grave il
y a et si celle-ci est interprŽtŽe comme du fait de la personne. Le travail
doit donc se faire en amont afin de protŽger le patient et d'informer sur la
maladie le mŽdecin du travail. Un arrt de travail pour maladie puis une mise
en invaliditŽ doivent tre des mesures prises ˆ temps pour protŽger le
patient. |
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Sur quels critres
choisir une activitŽ ˆ proposer ˆ un patient qui a une dŽgŽnŽrescence
frontotemporale 1-Sur les
caractŽristiques de la maladie du patient -
Sur son comportement : si le patient met ˆ la bouche des objets non
alimentaires, il faudra se mŽfier dans l'utilisation de peinture ou de p‰te ˆ
modeler, si le patient a du mal ˆ supporter le bruit, il faudra Žviter les
foules, s'il est irritable, il faudra Žviter les mises en Žchec et les
activitŽs trop longue, s'il prŽsente des stŽrŽotypies, il pourra adopter un
refrain de chanson et le chanter tout le long de la journŽe - Sur son dŽficit
cognitif : s'il est important la comprŽhension d'un activitŽ sera difficile,
s'il a de gros troubles d'attention partagŽe, il ne pourra faire qu'une tache
ˆ la fois dans un milieu particulirement calme sans tŽlŽvision allumŽe ou
prŽsence d'autres malades agitŽs, s'il prŽsente des gros de l'expression
verbale, la chanson ou la lecture ˆ voix haute lui donnera l'occasion de
retrouver des mots -
Sur l'existence de signes physiques : s'il fait souvent des malaises par
chute de tension, il ne supportera pas de rester trop longtemps debout ou les
longues promenades, de mme que s'il dŽveloppe des troubles praxiques de
marche 2-Sur l'objectif de
l'activitŽ Est de
le distraire ou de lutter contre l'apathie ou de faire passer une pŽriode de
troubles du comportement difficile ˆ gŽrer dans la journŽe, comme la fin
d'aprs midi durant lesquelles les dŽambulations peuvent tre plus frŽquentes
3-Sur
les caractŽristiques de l'activitŽ L'activitŽ sera t elle
pour lui seul ou en groupe, sera t elle rŽalisŽe dans un lieu habituel ou
nouveau, quelle durŽe est prŽvue, l'animateur est il habituŽ ˆ cette maladie 4-Sur
les expŽriences antŽrieures Quelles
activitŽs ont elles ŽtŽ apprŽciŽes par le patient alors qu'il Žtait dŽjˆ
malade ' Florence Lebert |
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IDENTITE :
" conjoint de malade frontotemporal "
- devoir subir
lÕŽloignement des amis et de la famille devant un comportement inconvenant de
son conjoint - devoir faire face
aux dettes que la loi ne reconna”t pas comme les consŽquences de la maladie - subir les effets
dÕune appŽtence pour les boissons alcoolisŽes, des crises de colres, des
troubles des conduites sexuelles pouvant aller jusquÕˆ lÕabus, subir des
liaisons peu cachŽes -accepter des
grossiretŽs qui leur sont parfois destinŽs
Il faut souvent
accepter plusieurs de ces tristes situations pour essayer de survivre
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