Que
sont les dŽgŽnŽrescences frontotemporales ?
IndividualisŽes pour la
premire fois par Arnold Pick il y a plus d'un sicle, les atrophies focalisŽes
du cerveau auxquelles il donna son nom sont des maladies dites apparentŽes ˆ la
maladie d'Alzheimer mais distinctes. Les dŽgŽnŽrescences
fronto-temporales (DFT) sont des maladies neurologiques ˆ l'origine
d'une mort progressive de cellules du cerveau dans les rŽgions antŽrieures ˆ
l'origine d'une atrophie localisŽe.
Il existe 3 formes cliniques dŽfinies chacune par les sympt™mes survenus en
premier :
1- la forme comportementale
2 -la forme aphasique qui est ˆ lÕorigine dÕune rŽduction de la parole
3 -la forme sŽmantique qui touche en premier la comprŽhension des mots et
la reconnaissance des objets ou des personnes
1- Signes progressifs habituels
de la forme comportementale de DFT (Dr Lebert – Pr Pasquier):
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Entretien avec le Dr Florence Lebert et
le Pr Pasquier, CHU de Lille |
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- NŽgligence physique
prŽcoce (manque de soins, d'hygine) - NŽgligence prŽcoce
des convenances sociales (manque de tact, Žcarts de conduite telle que vol ˆ
l'Žtalage) - Conduite dŽsinhibŽe
prŽcoce (telle qu'une sexualitŽ non rŽfrŽnŽe, des actes de violence, une
jovialitŽ inappropriŽe, des dŽambulations incessantes) -RigiditŽ mentale et
inflexibilitŽ - HyperoralitŽ
(changement d'habitudes alimentaires, augmentation des prises alimentaires,
lubies alimentaires, consommation excessive de tabac ou de boissons
alcoolisŽes, exploration orale des objets) - Conduites
stŽrŽotypŽes et persŽvŽratives (vagabondage, tics tels que frapper dans ses
mains, chanter, danser, activitŽs rituelles comme la collectionnisme
d'objets, aller aux toilettes, se changer de vtements) - Conduites
d'utilisation (exploration non rŽfrŽnŽe des objets environnants) - DistractibilitŽ,
impulsivitŽ, et impersistance - Perte prŽcoce de la
conscience que les troubles puissent provenir d'une pathologie de son propre
fonctionnement mental - DŽpression, anxiŽtŽ,
sentimentalitŽ excessive, idŽes fixes et idŽes suicidaires, idŽes fausses
("delusions"), prŽcoces et ŽphŽmres - IndiffŽrence Žmotive,
insouciance affective, manque d'empathie et de sympathie, apathie - Amimie (inertie,
aspontanŽitŽ) Avec le temps : - RŽduction progressive
du langage (aspontanŽitŽ, Žconomie de production) - StŽrŽotypies verbales
(rŽpŽtition d'un petit rŽpertoire de mots, de phrases, ou d'un thme) - Echolalie et
persŽvŽrations - Tardivement: mutisme - Troubles prŽcoces des
conduites sphinctŽriennes - Hypotension
artŽrielle et variations tensionnelles |
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Contrairement ˆ la
maladie d'Alzheimer, dans la dŽgŽnŽrescence frontotemporale: 1-Les troubles du
comportement prŽcdent les troubles mnŽsiques 2-L'orientation dans
l'espace est longtemps conservŽe 3-Les patients
deviennent plus facilement indiffŽrents 4-Ils sont moins
sensibles ˆ leur prŽsentation physique et ˆ leur manire de s'exprimer 5-Ils reconnaissent
beaucoup plus longtemps leurs proches 6-Ils ne perdent pas
autant de poids 7-La maladie survient ˆ
un ‰ge plus jeune |
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Comment se prŽsentent
ces patients ˆ la consultation
PrŽsentation : - il peut adresser la
parole aux voisins, - faire des
commentaires, - des propositions et
des gestes dŽplacŽs, - faire irruption dans
le bureau de consultation avant son tour. Pendant la
consultation, le patient Žcoute les plaintes du conjoint sans en para”tre
affectŽ (ou au contraire, se met en colre et quitte la pice). Il est
distractible par toute stimulation, il explore l'environnement, peut lire ˆ
haute voix le titre d'une affiche. Parfois il se lve, va
regarder par la fentre, se rassoit. Il cherche ˆ lire les notes, manipule
tous les objets sur le bureau. Il se permet quelques jeux de mots, interroge
le mŽdecin sur sa vie personnelle. Parfois il a des stŽrŽotypies gestuelles.
D'autres patients sont figŽs, arŽactifs. Quelques uns paraissent
inquiets, mŽfiants, comme apeurŽs. Certaines femmes s'habillent avec des
couleurs voyantes, un maquillage et une teinture de cheveux excessifs alors
que la propretŽ de leurs ongles, de leurs cheveux et de leurs vtements est
douteuse. Entretien mŽdical: Le patient n'a pas de
plainte cognitive spontanŽe. En revanche, il peut avoir une plainte somatique
(cŽphalŽes, troubles digestifs...) ayant souvent conduit ˆ des explorations
nŽgatives. Certains patients
reconnaissent une modification de leur conduite et de leurs Žmotions, un
manque de gožt et des oublis dans la vie quotidienne mais ne s'en plaignent
pas et paraissent y tre indiffŽrents. L'accompagnant confirme le dŽsintŽrt
du patient pour autrui, pour ses affaires familiales et professionnelles et
souvent pour lui-mme. Il manque d'initiative, nŽglige ses responsabilitŽs ce
qui peut conduire ˆ une mauvaise gestion des affaires domestiques et
financires et un dŽclin des performances professionnelles. L'affect est
toujours superficiel et les patients perdent toute empathie. Ils s'exaltent,
pleurent ou embrassent de faon inappropriŽe. Certains patients
peuvent avoir des courts moments de "dŽpression" intense avec des
idŽes suicidaires. L'accompagnant signale parfois des rites exaspŽrants: les
patients prennent des habitudes qu'ils respectent scrupuleusement. Ils les
rŽalisent ˆ heure fixe. Certains patients collectionnent les objets, souvent
les plus banals. Les rites ou le collectionnisme ne sont pas sous-tendus par
une quelconque anxiŽtŽ et ne semblent pas les dŽtendre. Cependant, s'ils sont
empchŽs de les rŽaliser, les patients peuvent devenir agressifs, violents. L'accompagnant peut
Žgalement signaler que les patients deviennent grossiers, se tiennent mal ˆ
table, mangent bruyamment et goulžment. Il y a, dans 90% des cas une
modification des habitudes alimentaires et orales: tabagisme, alcoolisation
excessifs, grignotage, appŽtence pour des aliments particuliers,
gloutonnerie, pouvant s'accompagner d'une prise de poids. Un risque est
d'attribuer les troubles de comportement ˆ la prise de boissons alcoolisŽes,
alors que celle-ci est un sympt™me de DFT. Beaucoup de patients ont une
instabilitŽ motrice telle qu'ils dŽambulent ŽnormŽment, pouvant parcourir des
kilomtres d'affilŽe. En gŽnŽral, ils se fixent une route (ou un objectif) et
ne s'arrtent plus. Ils ne se perdent pas bien qu'ils puissent se retrouver ˆ
des dizaines de kilomtres de leur domicile. Ces Ç fugues È sont parfois
prises ˆ tort pour une dŽsorientation spatiale, surtout si leur motif n'est
pas expliquŽ ou absurde. Une autre circonstance pouvant porter ˆ confusion
avec une dŽsorientation spatiale est la distractibilitŽ et les troubles du
jugement. Les sympt™mes
psychotiques comme les hallucinations et les illusions sont exceptionnels,
bien que des cas aient ŽtŽ diagnostiquŽs schizophrŽnie (dŽgŽnŽrescences
aspŽcifiques). Certains ont des idŽes dŽlirantes. Les troubles du sommeil
peuvent se voir ˆ type d'insomnie souvent calme. La mŽmoire est toujours
dŽficiente mais cette plainte n'est pas toujours mise en avant et parfois
attribuŽe aux troubles attentionnels et au dŽsintŽrt. Les habiletŽs
spatiales se maintiennent, ce dont tŽmoignent certains rites qui perdurent
longtemps comme de plier soigneusement un mouchoir. L'environnement est
bien gŽrŽ: il n'y a pas de difficultŽs pour l'utilisation des objets, ou
l'habillage. Il peut toutefois y avoir des difficultŽs dans la manipulation
de l'argent. Il est parfois fait Žtat de pertes des capacitŽs ˆ cuisiner ou ˆ
coudre mais dans notre expŽrience, il s'agit toujours d'une incapacitŽ ˆ
programmer ou d'une instabilitŽ motrice telle qu'elle empche toute activitŽ
suivie. Les modifications comportementales ne sont pas sans consŽquences dans
la vie quotidienne. Des transgressions sociales sont ˆ dŽplorer. Les patients
peuvent uriner et dŽfŽquer n'importe o bien qu'ils ne soient ni dŽsorientŽs
dans l'espace, ni apraxiques. Ils conduisent vite et sans respecter la
signalisation. Ils "omettent" frŽquemment de payer leurs achats ou
leurs consommations, sont familiers avec les enfants. Ils font des rŽflexions
et des propositions inconvenantes, dans le registre sexuel, y compris devant
le conjoint. Certains sont violents. Les troubles du jugement, la rigiditŽ et
l'inflexibilitŽ de la pensŽe sont caractŽristiques. |
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Quel bilan rŽaliser
pour le diagnostic ? -Une Žvaluation des
troubles du comportement -Un bilan
neuropsychologique -Une IRM ou ˆ dŽfaut un
scanner sans injection -Parfois une
dŽbitmŽtrie cŽrŽbrale ou TEP -parfois une ponction
lombaire et une enqute gŽnŽtique |
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2- La forme aphasique
ou Ç aphasie progressive primaireÈ :
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Entretien avec le Dr Deramecourt , CHU
Lille |
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- QuÕest-ce que lÕaphasie progressive primaire
et comment en fait-on le diagnostic? LÕaphasie progressive primaire est une forme
particulire dÕatrophie focalisŽe du cerveau qui concerne en particulier les
aires du langage. Chez les sujets droitiers (et chez la majoritŽ des sujets
gauchers Žgalement) celles-ci sont localisŽes dans plusieurs rŽgions du
cerveau, au niveau du lobe frontal et du lobe temporal gauche. LÕatrophie
progressive de ces rŽgions du cerveau entra”ne chez le patient atteint
dÕaphasie progressive primaire des difficultŽs progressives pour trouver les
mots (phŽnomne du Ç mot sur le bout de la langue È), pour
articuler, voire pour construire correctement ses phrases. Le patient, qui
est trs conscient de ses difficultŽs, va les compenser en utilisant des
termes gŽnŽriques comme Ç truc È ou Ç machin È et va progressivement
simplifier la syntaxe de ses phrases. Il peut arriver que le patient dise un
mot pour un autre ou dŽforme certains mots difficiles ˆ articuler. Il nÕy a
pas au dŽbut de la maladie de troubles de comprŽhension. Le patient peut
sÕexprimer par Žcrit lorsque le langage oral est plus sŽvrement atteint, ce
qui permet de maintenir de manire trs prolongŽe une communication normale
avec son entourage. Le diagnostic dÕaphasie progressive primaire repose sur
lÕentretien avec le patient, sur un Žvaluation de son langage par une
orthophoniste et sur la mise en Žvidence de lÕatrophie ou du
dysfonctionnement des aires cŽrŽbrales du langage gr‰ce ˆ lÕIRM et la
dŽbitmŽtrie cŽrŽbrale (ou la TEP). Parfois, dÕautres examens sont utiles,
comme une ponction lombaire ou
une enqute gŽnŽtique. - Comment Žvolue la maladie ? Par dŽfinition, pendant au moins deux ans le patient
nÕa aucun autre trouble cognitif : sa mŽmoire, son raisonnement, son
habiletŽ gestuelle et son comportement sont parfaitement prŽservŽs. Ainsi,
mme ˆ un stade de la maladie o le patient a totalement perdu lÕusage de la
parole, celui-ci peut parfaitement rester autonome gr‰ce ˆ lÕutilisation
dÕautres moyens de communication. CÕest souvent aprs plusieurs annŽes que
dÕautres troubles vont appara”tre : difficultŽs dÕutilisation dÕun bras
pour la rŽalisation de certains gestes, troubles de comprŽhension, modifications
du caractre ou du comportement qui ressemblent aux signes de dŽmence
frontotemporale. Ces patients peuvent aussi dŽvelopper des troubles de
dŽglutition (difficultŽs pour avaler) responsables de fausses routes
alimentaires (ils toussent ou sÕŽtranglent en mangeant). Ces troubles doivent
faire lÕobjet dÕune surveillance particulire parce quÕils se rŽŽduquent
auprs dÕune orthophoniste, et peuvent faire lÕobjet dÕune prise en charge
diŽtŽtique spŽcialisŽe (adaptation de la consistance des aliments,
enrichissement calorique des repas) afin dÕŽviter la perte de poids et la
survenue de graves infections pulmonaires. - Quels liens existe-t-il entre lÕaphasie
progressive primaire et les dŽgŽnŽrescences lobaires frontotemporales ? Quand on analyse le
cerveau des patients atteints dÕaphasie progressive primaire, on se rend
compte que les lŽsions sont souvent les mmes que dans les dŽmences frontotemporales.
Mais ce nÕest pas toujours le cas : on sÕest aperu que dans environ un
tiers des cas dÕaphasie progressive primaire les lŽsions cŽrŽbrales Žtaient
en fait les mmes que dans la maladie dÕAlzheimer, bien que les signes
cliniques ne soient pas du tout les mmes. On sait maintenant quÕil existe en
fait une dizaine de maladies cŽrŽbrales diffŽrentes pouvant se manifester par
une aphasie progressive primaire, mais dans lÕŽtat actuel des connaissances
seule lÕanalyse du cerveau du patient aprs son dŽcs permet de faire un
diagnostic prŽcis. - Quelles sont les
particularitŽs de prise en charge de ces patients ? La prise en charge des
patients atteints dÕaphasie progressive primaire est facilitŽe par le fait
quÕils sont souvent trs conscients de leurs troubles et quÕils sont trs
motivŽs par les rŽŽducations que les orthophonistes leur proposent. Le but de
la rŽŽducation orthophonique est de maintenir le plus longtemps possible les
capacitŽs de communication et de prŽvenir les troubles de dŽglutition. Comme dans toute maladie dŽgŽnŽrative
Žvolutive, la rŽŽducation doit sÕadapter ˆ lÕŽvolution des troubles du
patient. |
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3- La forme sŽmantique
de DFT:
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Entretien avec le Dr Serge Belliard,
neurologue au CHU de Rennes |
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-Vous tes spŽcialisŽ dans les formes "
sŽmantiques " des dŽgŽnŽrescences frontotemporales, pouvez-vous nous
expliquer ce qu'elles ont de caractŽristiques ? La forme sŽmantique de dŽgŽnŽrescence frontotemporale,
ou dŽmence sŽmantique, est la consŽquence d'une dŽgŽnŽrescence d'origine encore
mal expliquŽe dŽbutant dans la partie antŽrieure des lobes temporaux. Le
patient qui en est affectŽ se plaint d'avoir des difficultŽs ˆ retrouver mais
surtout ˆ comprendre des mots pourtant trs courants (par exemple des noms de
lŽgumes ou d'animaux). Il se plaint aussi de difficultŽs ˆ savoir de qui on
parle lorsqu'on parle de quelqu'un. On s'aperoit trs vite qu'au delˆ du
nom, c'est l'ensemble des connaissances qu'il avait auparavant sur la
personne en question qui est touchŽ car il ne la reconna”t pas non plus quand
on la montre en photo. Les sympt™mes ci dessus sont dus ˆ une perte
progressive des connaissance accumulŽes par le patient au cours de son
existence (le sens des mots, les connaissances gŽographiques et
historiques....). Ces connaissances sont normalement "stockŽes"
dans la partie antŽrieure des lobes temporaux qui est justement la rŽgion
prŽcocement touchŽe dans cette maladie. Les autres capacitŽs intellectuelles sont largement
prŽservŽes au dŽbut. Le patient est alors conscient de ses troubles et ceux
ci n'ont en fait que peu de consŽquences dans sa vie quotidienne car il est
capable, spontanŽment, de trouver des moyens de compensation. -Est ce que la prise en charge orthophonique est ˆ
conseiller dans ce cas de figure ? et si oui que faire travailler ? Il est clair que la gne la plus importante du patient,
au dŽbut, concerne ses difficultŽs ˆ comprendre les mots. On pourrait
comparer sa situation ˆ celle d'un Žtranger arrivant en France et ˆ qui il
manque du vocabulaire courant. Il pose d'ailleurs souvent la question :
"qu'est ce que a veut dire carotte... ou poireau...?". Une prise
en charge orthophonique est trs importante dans ce contexte pour essayer de
rŽapprendre certains mots et surtout pour tenter de ralentir la perte
progressive du vocabulaire. Il faut cependant bien garder ˆ l'esprit, que la
perte ne concerne pas seulement le mot mais toutes les connaissances
accumulŽes sur l'objet et qu'il faut donc faire un travail de rŽapprentissage
en profondeur. Certaines mŽthodes rŽŽducatives ont ŽtŽ spŽcifiquement
ŽlaborŽes pour ces patients mais leur efficacitŽ n'a pas encore ŽtŽ
totalement dŽmontrŽe. Il semble cependant que les patients retiennent mieux
les informations rŽcentes et celles qui ont un rapport direct avec leur
propre vŽcu. Par exemple une de nos patientes, ancienne institutrice, sait
encore placer sur une carte tous les pays qu'elle a visitŽs au cours de son
existence, alors qu'elle a oubliŽ les pays o elle n'est jamais allŽ. On conseille donc de limiter le nombre d'informations ˆ
apprendre, en privilŽgiant les informations utiles (Il vaut mieux travailler
le nom des voisins ou de la famille plut™t que le nom des grands musiciens),
en rŽpŽtant pŽriodiquement l'apprentissage et en essayant d'inclure les informations
dans le vŽcu. On dit, par exemple, que pour rŽapprendre ce qu'est un
ŽlŽphant, il vaut mieux se rendre au zoo que d'en montrer une photo. Malheureusement, comme toute dŽgŽnŽrescence, le
rŽsultat bŽnŽfique de la rŽŽducation est contrebalancŽ par la perte liŽe ˆ
l'Žvolution de la maladie. -Les troubles du comportement dans ces formes
ont-ils des particularitŽs ? Au dŽbut de la maladie, on parle plus de modifications
du caractre que de troubles du comportement car les modifications sont
relativement peu importantes et le patient est capable de se contr™ler. Deux changements sont quasi constants : l'Žgocentrisme
et la rigiditŽ mentale. Les p™les d'intŽrt du patient se restreignent ˆ sa
propre personne, il ne parle que de lui et ne prte pas attention ˆ ce qui ne
le concerne pas. Il supporte trs mal les changements dans ses habitudes. En
particulier, il devient trs ˆ cheval sur les horaires. Il supporte mal les
contrariŽtŽs, le fait d'attendre (il pourra alors essayer de tricher dans une
file d'attente). Il devient parfois trs attirŽ par l'argent, au point de
tenter de chaparder dans les grands magasins pour ne pas payer certains
articles. Avec l'Žvolution de la maladie, la dŽgŽnŽrescence va
toucher le lobe frontal et des troubles du comportement proches de ceux qu'on
rencontre dans la dŽmence frontotemporale vont survenir, mais ceci seulement
chez certains patients (boulimie, dŽsinhibition, agitation motrice...). Le
patient ne pourra alors plus vivre seul. -Y a t il plus de risque de survenue de troubles de
dŽglutition ou d'autres sympt™mes spŽcifiques ? Jusqu'ˆ il y a peu, on pensait les sympt™mes moteurs
tardifs dans la dŽmence sŽmantique. En fait, sur les donnŽes de notre cohorte
suivie en Bretagne, on s'aperoit que 5 ans aprs que le diagnostic ait ŽtŽ
posŽ, plus de la moitiŽ des patients prŽsentent des troubles moteurs
importants et une perte de la parole. A partir de lˆ, effectivement le risque
de trouble de dŽglutition et d'infection pulmonaire par fausse route devient
prŽoccupant |
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