PAROLES de groupes….
Une dizaine de conjoints de personnes concernées par une DFT ont répondu présents à l'invitation de Flandre Alzheimer et DFT à Bailleul avant les fêtes de fin d'année qui n'en sont pas toujours une... lorsque la maladie est là ....
Les fêtes de fin d'année donnent l'occasion de faire attention à sa présentation physique. Plusieurs conjoints ont témoigné du plaisir du malade, malgré une réduction de son hygiène, d'être mieux habillé qu'au quotidien et de leur satisfaction à eux époux de les voir plus beaux. Ce n'est pas parce qu'ils ne s'offusquent plus des taches, qu'ils doivent se contenter de vêtements anciens...
Les fêtes, c'est aussi réunir la famille, toutes les générations. Dans le groupe, une expérience très positive d'interaction avec les petits enfants fut rapportée. La spontanéité de cet âge, l'absence de jugement, le goût pour le jeu expliquent de bonnes relations entre grands parents malades et jeunes enfants. S'il faut rester vigilant par le fait que le malade ne pourra pas protéger l'enfant en cas de danger pour lui, il serait peut être dommage de trop vite éloigner les visites des petits enfants.
Les réunions de familles ou d'amis obligent à laisser voir le malade avec ses difficultés à respecter les règles de la vie en société. Le témoignage d'un conjoint sur le fait que son mari avait pris l'habitude de manger avec le chien à table permit au groupe de réfléchir aux limites de ce que le proche devait essayer d'accepter et ce qu'il devait apprendre à relativiser ; le plus important, n'est ce pas la sécurité du malade, son plaisir et le respect de sa dignité ? A condition d'expliquer tout cela aux proches, à la famille qui peut malencontreusement porter trop vite un jugement de valeur.
Les fêtes peuvent être aussi l'occasion de jouer à des jeux de société. La stimulation est devenue très à la mode, mais lors de DFT, certaines activités peuvent être dangereuses, comme l'a rapporté un conjoint en racontant les mésaventures que son mari avait connu en accueil de jour : il a mangé 2 cartes à jouer.
Pour finir l'échange, le thème du "jusqu'où arriverai-je à tenir le maintien au domicile ?" a été abordé. Un conjoint rappela que, sans son travail, il y a longtemps qu'elle aurait cherché un établissement pour son mari qu'elle accompagne dans la maladie depuis plus de 10 ans. Si les aides sont beaucoup plus nombreuses à domicile qu'il y a quelques années grâce à la PCH, plusieurs conjoints ont exprimé le sentiment de dépossession de vie privée qu'ils ressentent par toutes les visites des soignants "et puis ils ne se rendent pas compte, ils ont beaucoup d'exigences". En établissement, ce n'est pas le repos mental non plus, "on est toujours en alerte de peur qu'il soit puni de ses troubles du comportement"
"Que 2012 nous permette de continuer" se sont-ils tous souhaités
TOUS NOS VOEUX.....
Dr F Lebert - Mme B Foulon