3/10/07

Le plan Sarkozy sur la maladie d'Alzheimer (MA)

 

Quelques réflexions de la blogosphére de DD La Recherche.

Ces réflexions n'engagent que l'auteur à titre personnel, et pas du tout une Institution ou une Tutelle.

 

Bravo, il faut que ça bouge, .... mais on n'acceptera pas

- les demi-mesures

- la répartition en fonction de l'influence des lobbyistes professionnels, ceux qui traînent dans les ministères au lieu de bosser ou de s'occuper de leurs patients, ceux qui font partie des commissions pour se servir en premier. Un peu de respect pour les patients, pour les familles, pour les contribuables !

 

Il faut du solide, du pragmatique. ll ne faut pas saupoudrer. Il faut définir les urgences précisément. On ne pourra pas tout faire, étant donné que la France est "en faillite" (selon notre Premier Sinistre).

- est-ce que l'on veut faire de la recherche contemplative? (par exemple épidémiololgique)

- est-ce que l'on veut faire de la recherche esthétique ? (c'est beau, on en sait plus mais on ne peut rien en faire) (épargnez nous le raisonnement que les recherches spatiales ont permis, d'une manière inattendue, d'améliorer le fonctionnement du stylo à bille: pour améliorer le stylo, on bosse sur le stylo et on n'attend pas une répercussion inattendue venant de je ne sais où, et le commentaire de Monthubert me fait rigoler! voir en bas de la page)

Non, faisons enfin, puisqu'il y a urgence, de la recherche pragmatique: puisqu'il y a Maladie, l'objectif doit être de Guérir, et non d'observer la pathologie sous tous ses aspects.

- est-ce que l'on veut mettre la priorité sur le diagnostic précoce ?(ce qui permet de dire plus tôt au patient qu'il va avoir la maladie d'Alzheimer, que l'on ne peut rien faire pour lui sinon lui donner de bons conseils pour gérer le handicap à venir, et qu'il pourra revenir dans 6 mois pour un constat de l'évolution et peut-être pour une mise sous médicament symptomatique)

Est-ce que l'on veut guérir, voire prévenir, la MA ?

Si c'est cette voie qui est choisie, il faut, encore une fois, que l'approche soit pragmatique.

Il faut une recherche fondamentale sur la cause même de la génèse des processus neurodégénératifs impliqués, par une approche pertinente, réaliste, tenant compte de la réalité et de la complexité du cerveau humain. Assez de manip sophistiquées qui font des papiers qui ne servent à rien. Assez d'enc... de mouche moléculaire ! Et cette recherche fondamentale ne doit pas négliger les aspects de valorisation pour une application au bénéfice des malades et de notre commerce extérieur.

Ce n'est pas la peine de faire ou de refaire ce qu'ont fait les américains. Agissons ensemble, dans le cadre de comités ad hoc franco-français, pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Méfions nous des courants de pensée "à la mode", basés sur l'exception plutôt que sur la règle générale. Regardez l'histoire de l'Alzheimérologie: courant de pensée unique basé sur la cascade amyloïde, investissement colossal monothéiste, et maintenant échec sur échec au niveau des essais thérapeutiques. Si on avait laissé un peu de place aux autres, il y aurait maintenant des solutions de rechange.

Bref, il faut du bon sens. Personne n'a le monopole du bon sens, mais ensemble on peut se corriger et se potentialiser. Le tout est de le faire dans un esprit ouvert, responsable, Cependant, ce n'est pas si facile car.......

..... il faut revoir tout le fonctionnement de la recherche française, puisque les chercheurs français sont mis en concurrence, et toute collaboration est impossible. C'est le phénomène du goulot d'étranglement, faute de crédits. Beaucoup de projets sont excellents. On départage en fonction du copinage.

En effet, par logique, par automatisme, un projet de recherche (et sa recherche de financement) est analysé par un expert, qui souvent est, ou peut-être considéré comme un concurrent. Si le chercheur est "responsable", il doit être capable de juger les projets des autres équipes d'une manière équitable. Mais certains chercheurs très médiatiques, bien implantés dans le microcosme Alzheimer, ont à leur actif d'avoir bloqué un grand nombre de collègues qui voulaient avancer sur cette pathologie.

 

..... dire que l'on va faire cela au niveau européen c'est bien mais c'est compliqué. Car le médicament est une chose sérieuse, et si c'est l'objectif (ce qui n'est pas certain, voir plus haut), au final c'est du business, c'est de la valorisation, de la propriété intellectuelle qui finit en apothéose avec de la commercialisation, au bénéfice du trou de la Sécu qui ne fait que s'agrandir, et de la recherche fondamentale qui, en retour en profitera. C'est l'histoire du cercle vertueux.

 

En conclusion, le médicament sera disponible un jour. Quand? on n'en s'est rien. Mais ce médicament sera français, ou européen ou américain voire d'un pays émergeant. Pour l'instant, nous n'avons que très peu de chance, car dans ce business, on ne peut gagner que si l'on a investi. Idéalement, vu l'état de la France, il faudrait créer une start-up à Lourdes.

Mais il n'est jamais trop tard pour rectifier nos erreurs. D'après les bruits de couloir ce qui se trame autour du plan Sarkozy, c'est mal parti ! Attendons et nous jugerons sur pièce

 

Les premières orientations du futur plan Alzheimer font une large place à la recherche


La recherche, « grande oubliée des plans précédents », selon Nicolas Sarkozy, est l'une des priorités du futur plan Alzheimer, qui s'appuiera sur les propositions de la commission présidée par le Pr Joël Ménard, laquelle achèvera ses travaux le 1er novembre. Le président de la République suggère que soit mise en place une structure nationale de recherche, pour « accélérer l'histoire ». Réactions et pistes suivies.
Répartir l'argent, c'est la vraie difficulté

NICOLAS SARKOZY propose la création d'une structure nationale de recherche sur la maladie d'Alzheimer. «Il ne s'agit pas de créer une agence de plus, un machin supplémentaire. Il s'agit au contraire de fédérer ce qui est aujourd'hui dispersé, de prévenir tout nouvel émiettement des ressources», a-t-il précisé.

Pour André Delacourte, directeur de recherche dans l'unité Inserm 837, «tout mouvement en faveur de la maladie d'Alzheimer» est une bonne chose, même s'il regrette parfois le «mauvais battage médiatique» autour de cette question. «Pour ne citer qu'un exemple parmi beaucoup d'autres, personne n'a le droit de dire que le vaccin contre cette maladie sera disponible demain. C'est une affirmation qui est à la limite du mensonge», estime ce chercheur en voie de monter sa propre start-up afin de développer un médicament potentiel breveté, basé sur une hypothèse thérapeutique originale. «Dans notre pays, il n'y a que très peu de laboratoires qui travaillent sur le médicament. Il n'y a jamais rien eu de solide en France à ce sujet. L'Agence nationale de la recherche (ANR) n'a jamais fait d'appel d'offres sur les aspects thérapeutiques de la maladie d'Alzheimer.» Or, selon André Delacourte, président de l'Association pour le développement des neurosciences appliquées (alzheimer-adna.com), les deux choses vitales à développer sont, d'un côté, le soutien aux familles et, le développement de structures d'accueil et de l'autre côté, la recherche sur le médicament. Toutefois, aucune recherche ne peut se faire sans financement, qui est aujourd'hui «bien en dessous de la masse critique», souligne André Delacourte.

Des essais coûteux. «Mais la vraie difficulté est de bien ventiler cet argent. On ne doit pas seulement financer les beaux projets qui ont de l'allure, mais plutôt stimuler les recherches fondamentales qui ne négligent pas l'aspect de valorisation à tous niveaux. Inserm-Transfert, chargée de valoriser les recherches médicales, monte en puissance, mais manque encore de moyens. Il faut savoir que la maladie d'Alzheimer est la maladie la plus compliquée au monde car elle est spécifique à l'espèce humaine, limitée au cerveau et la résultante de deux processus dégénératifs simultanés. On ne dispose d'aucun modèle animal pertinent pour découvrir de nouveaux médicaments. Il en résulte que les preuves de concept ne se font, au final, que par le biais d'essais thérapeutiques sur patients qui coûtent entre 10 et 20millions d'euros. Logiquement, il faudrait que l'Agence nationale de la recherche puisse lancer des appels d'offres pour stimuler la recherche thérapeutique, aussi bien en amont (recherche fondamentale sur les processus étiologiques) qu'en aval (valorisation vers des brevets, licences, start-up...), dans le cadre d'un cercle vertueux.»

Le Pr Françoise Forette, présidente du conseil scientifique de l'association France Alzheimer, est également très favorable à la mise en place d'une structure qui ne soit pas une énième agence : «C'est une bonne nouvelle. Nous devons organiser une coordination et une centralisation des moyens entre l'Inserm (recherche médicale), le Cnrs (recherche scientifique) et l'ANR afin de faire de la maladie d'Alzheimer un sujet prioritaire. C'est maintenant à la commission présidée par le PrJoël Ménard de décider de la forme que prendra cette structure nationale.» La commission doit présenter au président de la République, le 1er novembre, un plan national de lutte contre cette maladie neurodégénérative.

De son côté, le président de Sauvons la recherche, Bertrand Monthubert, se montre plus réservé sur le principe qui consiste à «morceler la recherche. Encore une fois, on met en place quelque chose de ciblé, regrette-t-il. Comme dans le domaine de la lutte contre le cancer, les spécialistes reconnaissent généralement que, pour faire des avancées majeures, il faudra progresser dans la connaissance des mécanismes biologiques fondamentaux. Et pour cela, il faudra peut-être progresser dans les techniques d'imagerie, en optique, en chimie».

> STÉPHANIE HASENDAHL
Le Quotidien du Médecin du : 25/09/2007