Entretien avec le patient et l'entourage
Il est important d'avoir un informant pour compléter et authentifier les éléments de l'interrogatoire du patient qui peut être anosognosique et minimiser ses troubles.
On s'enquiert des antécédents personnels et familiaux, des traitements anciens et récents (certains effets indésirables peuvent simuler une démence) et l'on retrace l'histoire de la maladie.
L'histoire de la maladie est un élément clé du diagnostic.
Les premiers symptômes sont importants à déterminer
Un trouble de la mémoire progressif isolé est le mode de début habituel de la maladie d'Alzheimer.
Des troubles visuo-spatiaux, beaucoup plus rarement, peuvent être un autre mode d'entrée dans cette pathologie.
Des troubles du comportement initiaux et isolés sont en faveur d'une démence fronto-temporale ou d'une maladie à corps de Lewy. Ils peuvent précéder de plusieurs années le déclin cognitif.
Un trouble du langage isolé pendant au moins 2 ans suggère une forme de dégénérescence fronto-temporale comme l'aphasie progressive primaire ou incite à rechercher une démence sémantique ou, plus rarement être le mode d'entrée d'une dégénérescence cortico-basale. Si les troubles du langage peuvent être au premier plan d'une maladie d'Alzheimer, ils ne sont jamais isolés pendant 2 ans ou plus.
Des troubles praxiques progressifs sont évocateurs d'une dégénérescence cortico-basale d'autant plus s'ils sont asymétriques. Ce peut être le mode de début d'une maladie d'Alzheimer, mais ils sont rarement asymétriques et isolés.
La rapidité d'installation et la progression des symptômes sont informatives : les démences dégénératives sont d'apparition insidieuse et d'évolution progressive, un début brutal peut-être en rapport avec un épisode vasculaire ou n'être qu'apparent, un événement marquant pouvant être révélateur d'une situation plus ancienne. Une évolution fluctuante évoque une démence à corps de Lewy ou une maladie cérébro-vasculaire.
Le retentissement dans la vie quotidienne est aussi un élément important : les démences vasculaires et les démences fronto-temporales s'accompagnent d'une perturbation des activités de la vie quotidienne beaucoup plus sévère, à sévérité de déclin cognitif équivalent, que la maladie d'Alzheimer.
Entretien avec le patient et l'entourage
Critères diagnostiques des principales démences non-Alzheimer en bref