France-Alzheimer et la recherche 6/12/06

 

 


Mais que font les chercheurs ? texte de 2004

 

La maladie d’Alzheimer est un drame, aussi bien pour le patient que pour l’entourage familial. Face à cette pathologie, la famille est pratiquement livrée à elle-même. Les Associations de Famille telles que France Alzheimer guident au mieux, mais elles ne peuvent pas suppléer la pénurie qui règne à tous les niveaux. Devant cette inadaptation de notre pays à cette pathologie qui explose de toute part, les familles de patients se posent des questions sur les médicaments « curatifs » tant attendus. Pas encore assez efficaces actuellement. Quand aurons-nous un bon médicament ? Et au fait, que font les chercheurs ? On espère qu’ils ne dorment pas derrière leur microscope !


Pour rassurer le lecteur immédiatement, il faut savoir que les chercheurs ont conscience du drame et des enjeux qui se jouent actuellement. Quelques laboratoires français sont dédiés exclusivement à la lutte contre cette maladie. Mais la France est un petit pays, avec une économie qui pose de gros soucis, et le nombre de laboratoires est faible, voire très faible. Les moyens affectés à ces laboratoires sont également très faibles, et réduits au maximum cette année : diminution de notre budget de plus de 15% en 2003 alors qu’aux USA, le budget public du NIH (National Institue of Health), l’équivalent de l’Inserm, qui est toute proportion gardée 12 fois plus important que le notre, voit son budget augmenter de 15% pour la troisième année consécutive.

 

Mais les chercheurs français devant ce challenge et cette compétition farouche ne baissent pas les bras, bien au contraire. Ils sont connus pour la qualité de leurs travaux. Ils ont conscience que le médicament anti-Alzheimer, s’il était trouvé en France, serait bénéfique à de nombreux niveaux, à la fois pour le patient, la famille, mais aussi pour le budget de l’Etat et le trou de la Sécurité Sociale et serait donc un "retour sur investissement" profitable à la nation. Ces chercheurs continuent à travailler envers et contre tout, en cherchant en parallèle des financements complémentaires et en essayant de déjouer les pièges de l’Administration qui s’ingénie à nous compliquer la tâche.


C’est à ce niveau que France Alzheimer a une action décisive, bien plus importante que vous ne pouvez l’imaginer. En effet, un laboratoire dédié à la maladie d’Alzheimer doit recruter des jeunes chercheurs, dans le cadre de la dynamique d’un laboratoire compétitif. Nous voyons que le nombre de recrutement à l’Inserm a chuté considérablement cette année, mais qu’il a toujours été faible. Le jeune étudiant-chercheur sera très souvent confronté à un problème de financement pour terminer ses études. Les bourses de thèse du Ministère sont rares. France-Alzheimer permet chaque année à une vingtaine de chercheurs d’avoir la possibilité de continuer leur travail correctement. C’est un bol d’oxygène énorme pour les laboratoires.


Et les résultats, me direz-vous ? C’est bien beau de titiller les molécules, mais est-ce que cela a des chances d’aboutir à quelque chose ?
La réponse est variable selon les laboratoires et les approches. Mais la recherche Alzheimérienne française est, d’une manière générale, compétitive au niveau international. Pour notre part, et à titre d’exemple, notre laboratoire a décroché trois bourses France-Alzheimer pour des étudiants en thèse qui sont actuellement Directeur de Recherche au CNRS (Luc Buée), Professeur des Universités (Stéphane Flament) et Chargé de Recherche Inserm (Nicolas Sergeant). Ces trois chercheurs travaillent ensemble, même si le Professeur a rejoint Nancy. L’équipe comporte actuellement 26 personnes et nous en sommes au dépôt de notre quatrième brevet. A la clé de ces brevets, un diagnostic biologique précoce et deux approches thérapeutiques complémentaires possibles.


Ainsi, nos recherches vont peut-être aboutir sous peu à des applications concrètes. Nous ne pouvons pas l’affirmer, car la maladie d’Alzheimer est une pathologie extrêmement complexe, qui impose la modération et la modestie. Mais en tout cas, nous proposons deux nouvelles stratégies pour combattre le fléau. Ces résultats, en grande partie, nous les devons à France-Alzheimer.

 

 


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