Mais que font les
chercheurs ? texte de 2004
La maladie dAlzheimer est un drame, aussi bien pour le patient
que pour lentourage familial. Face à cette pathologie, la
famille est pratiquement livrée à elle-même. Les Associations
de Famille telles que France Alzheimer guident au mieux, mais elles ne
peuvent pas suppléer la pénurie qui règne à
tous les niveaux. Devant cette inadaptation de notre pays à cette
pathologie qui explose de toute part, les familles de patients se posent
des questions sur les médicaments « curatifs » tant
attendus. Pas encore assez efficaces actuellement. Quand aurons-nous un
bon médicament ? Et au fait, que font les chercheurs ? On espère
quils ne dorment pas derrière leur microscope !
Pour rassurer le lecteur immédiatement, il faut savoir que les
chercheurs ont conscience du drame et des enjeux qui se jouent actuellement.
Quelques laboratoires français sont dédiés exclusivement
à la lutte contre cette maladie. Mais la France est un petit pays,
avec une économie qui pose de gros soucis, et le nombre de laboratoires
est faible, voire très faible. Les moyens affectés à
ces laboratoires sont également très faibles, et réduits
au maximum cette année : diminution de notre budget de plus de
15% en 2003 alors quaux USA, le budget public du NIH (National Institue
of Health), léquivalent de lInserm, qui est toute proportion
gardée 12 fois plus important que le notre, voit son budget augmenter
de 15% pour la troisième année consécutive.
Mais les chercheurs français devant ce challenge et cette compétition
farouche ne baissent pas les bras, bien au contraire. Ils sont connus
pour la qualité de leurs travaux. Ils ont conscience que le médicament
anti-Alzheimer, sil était trouvé en France, serait
bénéfique à de nombreux niveaux, à la fois
pour le patient, la famille, mais aussi pour le budget de lEtat
et le trou de la Sécurité Sociale et serait donc un "retour
sur investissement" profitable à la nation. Ces chercheurs
continuent à travailler envers et contre tout, en cherchant en
parallèle des financements complémentaires et en essayant
de déjouer les pièges de lAdministration qui singénie
à nous compliquer la tâche.
Cest à ce niveau que France Alzheimer a une action décisive,
bien plus importante que vous ne pouvez limaginer. En effet, un
laboratoire dédié à la maladie dAlzheimer doit
recruter des jeunes chercheurs, dans le cadre de la dynamique dun
laboratoire compétitif. Nous voyons que le nombre de recrutement
à lInserm a chuté considérablement cette année,
mais quil a toujours été faible. Le jeune étudiant-chercheur
sera très souvent confronté à un problème
de financement pour terminer ses études. Les bourses de thèse
du Ministère sont rares. France-Alzheimer permet chaque année
à une vingtaine de chercheurs davoir la possibilité
de continuer leur travail correctement. Cest un bol doxygène
énorme pour les laboratoires.
Et les résultats, me direz-vous ? Cest bien beau de titiller
les molécules, mais est-ce que cela a des chances daboutir
à quelque chose ?
La réponse est variable selon les laboratoires et les approches.
Mais la recherche Alzheimérienne française est, dune
manière générale, compétitive au niveau international.
Pour notre part, et à titre dexemple, notre laboratoire a
décroché trois bourses France-Alzheimer pour des étudiants
en thèse qui sont actuellement Directeur de Recherche au CNRS (Luc
Buée), Professeur des Universités (Stéphane Flament)
et Chargé de Recherche Inserm (Nicolas Sergeant). Ces trois chercheurs
travaillent ensemble, même si le Professeur a rejoint Nancy. Léquipe
comporte actuellement 26 personnes et nous en sommes au dépôt
de notre quatrième brevet. A la clé de ces brevets, un diagnostic
biologique précoce et deux approches thérapeutiques complémentaires
possibles.
Ainsi, nos recherches vont peut-être aboutir sous peu à des
applications concrètes. Nous ne pouvons pas laffirmer, car
la maladie dAlzheimer est une pathologie extrêmement complexe,
qui impose la modération et la modestie. Mais en tout cas, nous
proposons deux nouvelles stratégies pour combattre le fléau.
Ces résultats, en grande partie, nous les devons à France-Alzheimer.
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