Impact socio-économique:
La maladie d'Alzheimer
est la plus fréquente des maladies neurodégénératives.
Elle touche 350 000 personnes en France. Elle se déclare le plus souvent
chez les personnes âgées (5% des français de plus de
65 ans). Voir Alzheimer en chiffres.
Dramatique pour le malade, cette maladie afflige également tout l'environnement
familial, le plongeant dans la détresse morale, l'épuisement
et une solitude extrême, surtout dans les phases tardives où
le malade nécessite une surveillance 24 heures sur 24.
Cette maladie sera un fléau socio-économique à partir de l'an 2010. A l'heure actuelle, c'est surtout la famille qui supporte
le coût élevé d'une telle maladie, estimé à 150 000 Euros en moyenne. L'APA
aide partiellement, et sera revu progressivement à la baisse, alors
que le système de soin français est complètement dépassé
par cette maladie.
Impact socio-économique..suite.
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L'étude des maladies neurodégénératives
a montré que la maladie d'Alzheimer est la forme la plus commune de
démence
sénile et qu'environ 11% de la population âgée
de plus de 65 ans et jusqu'à 50% des individus âgés de
plus de 85 ans répondent aux critères diagnostiques validant
une «maladie d'Alzheimer probable» (McKhann et al., 1984) en fonction
d'échelles d'évaluation neuropsychologique.
Les bilans démographiques annuels ont montré, dès les
années vingt, une forte augmentation de la natalité et une
baisse importante de la mortalité néonatale et infantile. Ces
données, associées à une augmentation importante de
l'espérance de vie, promettent un avenir explosif aux problèmes
du vieillissement. En effet, en 1985, le pourcentage de la population âgée
de plus de 65 ans était de 13% et de 3% pour celle de plus de 80 ans
(Onzième rapport sur la situation démographique de la France,
Ministère du travail, 1988, Institut National d'Études Démographiques).
Ce phénomène s'accentuera à partir de 2010 avec l'arrivée
à 65 ans des classes fortes nées entre 1946 et 1971. Le pourcentage
de la population âgée de plus 65 ans sera de 20%, et celui de
plus de 80 ans sera de 6%. La démence de type Alzheimer affectant
au moins une personne sur 20 à l'âge de la retraite et au moins
un octogénaire sur 5, on peut conclure que cette évolution
démographique promet à cette affection une prévalence
importante.
Les dernières estimations du National Institute of Health (NIH, ou
Institut National de la Santé aux USA) pour les États-Unis donnent
les chiffres de 4 millions de personnes atteintes aujourd'hui et prévoient
pour l'an 2000, 5 à 8 millions de malades aux États-Unis, 23
millions dans le monde (Neurobiotech: searching solutions to Alzheimer's disease.
Biotechnology and Medical Technology, 1er août 1990). En France cette
maladie toucherait actuellement plus de 300 000 personnes. Il y en aura 400
000 en 2010 et 500 000 en 2030 (Mas et coll. Revue de Neurologie, Paris,
1987,3:161-171). Ce fléau silencieux est la 4ème cause de mortalité
dans notre pays. La prévalence de cette affection ne peut qu'augmenter
à une allure exponentielle.
Dramatique pour le malade, cette maladie afflige également tout l'environnement
familial, le plongeant dans la détresse morale, l'épuisement
et une solitude extrême, surtout dans les phases tardives où
le malade nécessite une surveillance 24 heures sur 24. A ces épreuves
s'ajoutent des frais notamment de tierce personne à domicile, de protection
sanitaire et d'hébergement. Le coût de la démence a été
évalué à 7 milliards de francs par an pour la France.
Au coût direct, qu'il soit médical (consultations, hospitalisations,
médicaments, examens complémentaires) ou non médical
(transports, institutions spécialisées, habitations adaptées
au handicap, aides sociales diverses) doit être ajouté le coût
indirect plus difficilement évaluable (perte de productivité
de l'entourage suite au handicap du patient). A titre d'exemple, pour les
personnes âgées de plus de 80 ans, les dépenses de soins
s'élèvent à 141 francs par jour en cas de niveau de
dépendance faible et à 444 francs par jour pour les sujets
les plus dépendants (étude CERES 1992). Au total, une maladie
d'Azheimer couterait 1,2 millions de francs par patient selon Joel Hay publiée
dans la revue American Journal of Public Health de Septembre 1994, soit 120.000F
par an et par patient .
L'évidence de l'énorme fardeau que cette maladie fait peser
sur la société toute entière pose le problème
en terme de fléau social, et donne la mesure de l'urgence à
vouloir comprendre ce mal moderne. La société tout entière
est donc sollicitée, et la construction de structures d'accueil adaptées
devient indispensable. Il semble également important d'investir au
niveau de la recherche, ce qui a été compris aux USA, mais pas
encore en France. En effet, le marché potentiel américain correspondant
à cette maladie est énorme: les estimations varient de 1,5
milliard de dollars pour l'an 2000 à 2,5 milliards de dollars par
an pour le traitement et 325 millions de dollars par an pour le diagnostic
(Genetic technology news, 1989). L'ensemble diagnostic et traitement est estimé
au moins à 6 milliards de dollars en l'an 2007.