Le traitement curatif de la maladie d'Alzheimer 9/12/06
Le traitement symptomatique
Les traitements de la maladie d'Alzheimer

Les traitements proposés actuellement sont symptomatiques, c'est à dire qu'ils corrigent en partie les symptômes, conséquences du processus dégénératif.  

Les traitements commercialisés sont basés sur la stimulation des neurones cholinergiques et la modulation des neurones glutamatergiques. Ces traitements donnent des résultats variables selon les patients, et il est reconnu généralement, mais pas toujours, qu'ils ralentissent l'évolution de la maladie d'Alzheimer.

Le traitement curatif
 

Ce traitement vise à ralentir ou a corriger le processus pathologique qui provoque la mort des cellules nerveuses.

La maladie d'Alzheimer résulte de la potentialisation de deux processus dégénératifs différents. Il y a donc deux cibles pharmacologiques.

L'amyloïdogénèse et le dysfonctionnement de la protéine APP  

La maladie d'Alzheimer résulte du dysfonctionnement d'une protéine nommée APP (Amyloid Protein Precursor) dont un des métabolites est le peptide Abêta qui forme les plaques amyloïdes. La théorie dominante est que le peptide Ab est neurotoxique et qu'il faut l'éliminer. Pour ce faire, plusieurs approches sont possibles ,

A) soit neutraliser la toxicité

  1. en utilisant la vaccination dirigée contre Ab, qui fait disparaître les plaques
  2. en utilisant une petite molécule (un ligand) qui va se fixer au peptide Abêta (ALZHEMED)
  3. en bloquant le cuivre qui se fixe sur Abêta (clioquinol)

B) soit via un agent pharmacologique capable de diminuer la production ou la secrétion de Ab. (en particulier en bloquant les secrétases, enzymes qui génèrent Abêta en coupant APP.

La dégénérescence neurofibrillaire et les anomalies de la protéine Tau  

Le processus de pathologie tau, appelé Tauopathie, est observé dans la majorité des maladies neurodégénératives avec démence.

Dans la maladie d'Alzheimer, la tauopathie se manifeste sous forme de filaments pathologiques de protéines tau anormales qui s'accumulent dans les cellules nerveuses en dégénérescence. La tauopathie va envahir progressivement toutes les régions cérébrales.

Il s'agit d'une voie thérapeutique encore peu explorée.

CONCLUSION
 
Il existe donc trois voies thérapeutiques

La voie majeure: neutraliser la neurotoxicité de Abeta

 

Elle consiste à inhiber l'agrégation du peptide Abeta.

Des essais thérapeutiques ont déjà été tentés (vaccination) ou sont en cours (inhibiteurs de la béta-secrétase).

La voie mineure : corriger la perte de fonction de APP  
Cette voie a certainement un bel avenir devant elle. C'est la recherche fondamentale sur les voies de signalisation de APP qui permettra son développement
La voie de garage?: ralentir la progression de la pathologie tau Où est la poule, où est l'oeuf?

Pour la plupart des chercheurs, la pathologie tau est une conséquence tardive, donc une mauvaise cible thérapeutique.

Ceci n'est pas vérifié si l'on regarde avec soin l'histoire naturelle et moléculaire de la maladie d'Alzheimer

Cette piste semble difficile. Mais comment peut-il en être autrement dans la mesure où l'effort de recherche dans ce domaine est extrêmement faible (0.5%?). Pour autant, le lien entre la pathologie tau et l'expression clinique de la maladie est reconnu par tous.

Au total, le développement d'un médicament doit passer avec succcès par trois voies:  

1) Trouver une cible pharmacologique et la valider (target validation)

2) Trouver une molécule qui va agir sur la cible (lead validation)

3) Tester cette molécule sur l'homme (essai thérapeutique)

Le vaccin est passé par les trois étapes, mais sans succés. Pour certains, nous en sommes encore à travailler sur la première partie: trouver une cible pharmacologique pertinente.

   
 
   
 
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