La maladie d'Alzheimer: une maladie "statistique"?
La maladie d'Alzheimer est une véritable maladie.
Cependant, cette pathologie ne s'exprime que lorsqu'un ensemble de facteurs
défavorables l'emportent sur l'ensemble des facteurs favorables,
et ceci avec le concours du temps et du vieillissement des cellules nerveuses.
C'est à ce titre que la maladie d'Alzheimer pourrait
être une maladie "statistique", résultat du différentiel entre les facteurs déclenchants
et retardants.
Les cofacteurs
Les facteurs défavorables
- Le premier, le plus important, le
facteur qui a lui seul, ou presque, peut déclencher la maladie d'Alzheimer
correspond aux mutations pathologiques sur les gènes APP, PS1 et
PS2. Ces mutations pathologiques provoquent inexorablement l'apparition
de la maladie, au plus tôt vers l'âge de 30 ans, et en général
vers 50 ans. Ceci veut dire que l'âge (certes modéré)
est nécessaire pour que la mutation pathologique puisse produire
son effet clinique.
- Si la mutation pathologique de l'APP ou de ses protéines
régulatrices sont le premier facteur défavorable, avc une
pénétrance de 100%, le second facteur est l'âge, premier
facteur de risque.
- Ensuite, la vulnérabilité de l'hippocampe
pourrait être le troisième facteur. Il est clair que nous
sommes très inégalement touchés par la dégénérescence
neurofibrillaire au cours du vieillissement. Certains résistent
très bien, d'autres moins bien.
- Le quatrième facteur pourrait être le génotype
de l'apolipoprotéine E. L'allèles epsilon4 est certainement
un facteur de risque, alors que l'allèle epsilon2 est un facteur
protecteur
- Ensuite viennent se greffer un certain nombre d'autres
facteurs génétiques et environnementaux dont on parle dans
la littérature, mais qui restent à identifier d'une manière
certaine.
.
Les facteurs favorables
- Les facteurs favorables sont un peu l'image inverse des
facteurs défavorables. Ils sont génétiques et environnementaux
également. Un bon métabolisme de l'APP, des cellules nerveuses
résistantes à tous les stress sont des facteurs favorables,
mais encore difficilement caractérisables.
- L'allèle epsilon 2 de l'apolipoprotéines
semble être un facteur favorable, l'ApoE E2 ayant certainement une
meilleure efficacité pour réparer les neurones.
- Une bonne alimentation, incorporant des substances anti-radicalaires
(Vitamine E, C, tanins), joue peut-être un rôle
- Le maintien de l'activité cérébrale
ne peut être qu'un bon facteur
- Les taux de neurostéroïdes (DHEA, oestrogènes)
pourraient stimuler favorablement les neurones
Au fur et à mesure de l'avancée des connaissances,
il est certain que l'on pourra maîtriser de mieux en mieux ces facteurs,
pour ralentir l'apparition de la maladie d'Alzheimer. Retarder cette pathologie
de 5 ans diminuerait de 50 % le poids socio-économique de cette
pathologie, poids supporté essentiellement par les familles de patients.
FIN DE L'HISTOIRE (pour l'instant)
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