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 VACCINATION: notre approche 19/06/06


La maladie d’Alzheimer est caractérisée par deux types de lésions cérébrales : les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire. Les plaques sont autour des cellules nerveuses. Elles résultent de l’agrégation d’un constituant nommé peptide Abêta (peptide= fragment de protéine). Tout semble indiquer que le peptide Abêta agrégé est neurotoxique, et l’élément responsable de la dégénérescence des cellules nerveuses. C’est la cible thérapeutique privilégiée de tous les laboratoires de par le monde.

En 1999, Dale Schenk, scientifique américain, a montré que la vaccination contre le peptide Ab éliminait les plaques du cerveau de modèles animaux comme les souris transgéniques. En 2002 commençaient les essais thérapeutiques chez l’homme. Mais il a fallu arrêter rapidement ces essais, étant donné que certains patients développaient des encéphalites inflammatoires. En fait, ces « dommages collatéraux » résultent vraisemblablement du fait que la réaction immunologique se fait à la fois contre la lésion (la plaque) et le constituant physiologique de base des lésions (le peptide Abêta naturel, non-agrégé). En d’autres termes, la vaccination s’attaquerait également à des éléments normaux, non-pathologiques, générant ainsi des processus inflammatoires sévères.

 

Nous venons de montrer (Sergeant et al, 2003) que les agrégats des plaques sont formés, aux tous premiers stades la maladie et bien avant les premiers signes cliniques, non pas du peptide Abêta naturel (donc physiologique), mais d’un peptide Abêta « pathologique », modifié, tronqué. C’est ce peptide modifié qui s’agrège et attire ensuite, par effet boule de neige, le pool de peptide Abêta du cerveau, modifié et non-modifié, pour former les plaques.
La cible thérapeutique correcte semble donc être ces formes modifiées d’Abêta, et non les formes « naturelles, physiologiques ».

Etant donné qu’il est possible de développer une stratégie de vaccination dirigée spécifiquement contre ces formes pathologiques de Abêta, nous pensons que notre stratégie est doublement bénéficiaire :

- d’abord en s’intéressant aux processus initiaux de la pathologie Alzheimer et en élaborant une stratégie qui vise à les neutraliser,

- et ensuite en développant une stratégie vaccinable qui devrait éliminer tout effet indésirable, puisque dirigé uniquement contre une structure pathologique.


Nous envisageons de passer sous peu aux essais sur les souris transgéniques, dès que nous aurons trouvé un financement. Dès que la preuve du concept sera établie sur ces animaux, la démarche normale sera de passer à des essais thérapeutiques sur l’homme.

 


 
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